Prières de rue à Clichy : "On stigmatise une population sur des prières qui sont anarchiques"

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Le maire de Clichy, invité d'Europe 1, s'est félicité de la fin des prières de rue dans sa ville.

INTERVIEW

Le préfet avait promis d'y mettre un terme. À la suite d'une réunion de conciliation avec les pouvoirs publics, l'association musulmane qui organisait des prières de rue à Clichy s’est engagée à faire cesser ces rassemblements de plein air et à utiliser le lieu de prière mis à disposition par la mairie. "On stigmatise une population sur des prières qui sont anarchiques. La population musulmane clichoise m'est reconnaissante d’avoir fait cette action, aujourd’hui on a retrouvé une sérénité", s’est félicité le maire LR Rémi Muzeau, invité vendredi de Europe 1 Bonjour. L'édile avait notamment organisé une manifestation des élus d'Île-de-France pour dénoncer les prières de rue dans sa ville, prières organisées à l'appel de l'Union des associations musulmanes de Clichy (UAMC), estimant que le local de culte prévu par la municipalité n'était pas "digne".

Un nouveau lieu de culte. Clichy "est une ville qui n'avait pas de lieu de culte décent, ils priaient dans des entrepôts ou des lieux qui n'étaient pas pérennisés", raconte Rémi Muzeau. "Je l'avais promis pendant ma campagne : dès que j'ai été élu, j'ai vu qu'il y avait des locaux disponibles, pratiquement 2.000 m². On a fait un bail emphytéotique de 99 ans pour un lieu cultuel et culturel. A ce moment-là, on a permis aux associations musulmanes d'aller dans ce lieu, sauf cette association qui est restée en attendant la fin du bail précaire. Ils devaient partir à la fin du bail précaire, ils ne l'ont pas fait".

Trouble à l'ordre public. "J'en appelais à l'Etat. J'étais isolé, je n'avais pas de pouvoir, aujourd'hui les maires sont isolés face à ces prières de rue, souvent sans fondement", martèle Rémi Muzeau. "Le maire n'a pas de forces de police à ce niveau là pour faire évacuer ces personnes qui font des prières de façon totalement anarchique". Les prières de rue n'étant pas officiellement illégales, il a fallu prouver qu’elles constituaient une forme de trouble à l'ordre public. "C'est ce que j'ai voulu démontrer, en expliquant qu'il y avait des prêches qui avaient été commentés sur les réseaux sociaux et commentés plusieurs milliers de fois. Ensuite, [il y avait] des tracts qui étaient distribués sur le terrain, ça faisait une tribune pour que des groupes qui n'étaient pas forcément représentés s'expriment. Ça, ça faisait du désordre public", explique encore le maire, faisant notamment référence à un prospectus appelant à la mort des juifs, distribué par un militant anti-islam, selon Libération. "Je suis incapable de vous dire qui les a distribués. Ils ont été distribués les jours de prière, deux fois. Ils m'ont été ramenés dans mon cabinet. Evidemment, j'ai fait un signalement au procureur. Une enquête sera mise en place".

Vivre ensemble. "On a retrouvé une sérénité. On vit bien ensemble à Clichy, c'est une ville où il y a deux lieux de prières musulmanes, deux églises et une synagogue. Ce sont des gens qui s'entendent bien et maintenant la population musulmane ne sera plus stigmatisée", conclut Rémi Muzeau. Mais si de leur côté les musulmans de l'UAMC ne prieront plus dehors, ils ont toutefois promis de manifester la semaine prochaine s'ils n'obtiennent pas de salle de prière en centre-ville, comme leur avait promis le maire avant son élection, veulent-ils rappeler.