Vers quel candidat vont se tourner les électeurs catholiques ? "Aucun ne me donne envie"

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À la sortie de l’église Notre-Dame à Bordeaux, les catholiques assurent qu’ils iront voter au second tour, même s'ils ne semblent pas trouver satisfaction chez les deux finalistes.

REPORTAGE

C’est l’un des enjeux du second tour de la présidentielle : vers quel candidat vont se tourner les électeurs catholiques, qui avaient voté en majorité (46%) pour François Fillon au premier tour ?

Croisée à la sortie de l’église Notre-Dame à Bordeaux, Brigitte regrette la défaite de son candidat mais ne compte pas s’abstenir pour autant le 7 mai prochain. "Je suis très ennuyée car mon candidat a perdu. Il y en a une (Marine Le Pen, ndlr), je ne supporte pas la mise en retrait de l’Europe, mais par rapport au catholicisme, ni l’un ni l’autre ne me donne envie", confie Brigitte au micro d’Europe 1, qui l'assure malgré tout : "Pour la France, il faut voter !"

Des valeurs incompatibles avec la religion. Croyants, Jacques et Michelle voteront aussi au second tour, et pour eux, certains discours ne sont pas compatibles avec les valeurs que prône leur religion, faisant référence sans la nommer à Marine Le Pen. "L’un des candidats ne me semble pas avoir des valeurs compatibles avec l’Évangile, comme la xénophobie, l’insistance sur le rejet de l’autre…", égraine Jacques. "Et de vouloir se replier sur soi", complète Michelle, ajoutant : "alors que tout l’Évangile et l’enseignement du Christ nous poussent au contraire, à essayer de voir ce que les autres peuvent vous apporter."

"Cela n’a rien à voir avec la religion". D’autres pratiquants croisés à la sortie de Notre-Dame soulignent que la foi et la politique sont deux choses différentes, comme Emeline : "C’est sûr que je suis catholique et je n’irai pas voter Marine Le Pen. Mais cela n’a rien à avoir avec la religion", assure-t-elle. Plusieurs catholiques de cette église bordelaise réclament "surtout de la fraternité et un peu de morale", finit par lâcher une croyante qui se dit "déçue" de cette campagne. Si les catholiques rencontrés devant cette église semblent opter pour Emmanuel Macron, le FN, en pleine drague des électeurs de la droite, a déjà su grappiller des voix dans les bastions catholiques