Près de 9.000 étudiants en médecine contraints de repasser deux épreuves d'internat

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Près de 9.000 étudiants en médecine contraints de repasser deux épreuves d'internat
Les étudiants de 6e année de médecine devront repasser deux épreuves jeudi.@ FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
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L’examen est particulièrement important pour les étudiants, vu qu'il détermine leur spécialité et leur lieu de formation.

Quelque 8.900 étudiants de sixième année de médecine se voient contraints de repasser jeudi deux épreuves d'internat après des erreurs et dysfonctionnements, qui provoquent leur "colère" et leur "indignation".

Des épreuves qui avantageaient les redoublants. Après le premier report de lundi à jeudi d'une des épreuves classantes nationales (ECN) - appelées autrefois l'internat -, le jury a décidé de reprogrammer l'épreuve d'analyse de dossiers cliniques de mercredi à jeudi après-midi, a indiqué le ministère de la Recherche et l'enseignement supérieur. Le premier report a été décidé car une des épreuves était "très similaire" à un sujet passé en 2016, ce qui avantageait les redoublants, a précisé le ministère. Le second report est lié "à une nouvelle difficulté concernant la confidentialité d'un des dossiers, dont certains étudiants redoublants étaient susceptibles d'avoir connaissance" et à "un incident technique" dans un des centres d'examen.

Un examen important sur leur carrière. Ce rajout d'une journée entière d'épreuve, "c'est un calvaire pour les candidats", a réagi Antoine Oudin, président de l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF). "Cela fait trois ans qu'ils s'y préparent en mettant parfois leur santé en danger", a-t-il souligné. "Hier soir, ils étaient détruits par l'annonce du nouveau report". Les ECN constituent pour les étudiants de médecine le deuxième obstacle à franchir après la première année, très sélective. Le rang obtenu à ces épreuves détermine en effet leur spécialité, leur lieu de formation et a donc un impact important sur leur carrière.

Problème récurrent. "On se sent trahi par nos propres pairs qui ne sont pas capables d'assurer" le déroulé du concours, a déploré Antoine Oudin, qui appelle à revoir "le fonctionnement du conseil scientifique", qui organise l'examen. Dans un mail adressé à l'AFP, une étudiante s'est plainte d'un "scandale", soulignant le contexte de "canicule avec des salles d'examens dépassant le plus souvent les 30° dans de nombreuses villes de France". "C'est un examen extrêmement stressant", a insisté un autre étudiant, excédé, rappelant que des incidents similaires s'étaient déjà produits les années précédentes.

Comité de suivi extraordinaire. "L'organisation d'un examen mettant en balance plusieurs années de travail acharné, et l'avenir pour les 40 prochaines années de milliers d'étudiants en médecine nécessite au minimum la place d'un système efficace et contrôlé", a aussi déploré le principal syndicat d'internes en médecine (ISNI). "Conscients que ces problèmes à répétition ne sont pas acceptables pour les étudiants", le ministère de l'Enseignement supérieur indique avoir convoqué, avec le ministère de la Santé, "un comité de suivi extraordinaire qui se réunira le 27 juin et demandé une enquête de l'inspection générale".