Poursuivi pour le meurtre de sa compagne, il est remis en liberté à cause d'un vice de procédure

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En mai 2015, il avait battu à mort sa conjointe. L'homme de 29 ans a été libéré il y a quelques jours, à cause de deux pages non numérisées dans le dossier de la cour d'appel de Douai. 

L'histoire ne tient qu'à deux pages non numérisées, dans un épais dossier d'instruction. Il y a quelques jours, un homme de 29 ans, en détention provisoire depuis le printemps 2015, a été libéré dans l'attente de son procès, rapporte La Voix du Nord. Poursuivi pour meurtre, il est soupçonné d'avoir battu à mort sa compagne, Sandra Mazingue, décédée d'une hémorragie interne après avoir reçu de multiples coups à Hazebrouck, dans le Nord. 

"Quelques gifles". Interpellé alors qu'il avait pris la fuite, l'homme a toujours nié les faits, reconnaissant "quelques gifles" mais affirmant que sa compagne s'est infligé le reste de ses blessures toute seule. L'expertise du médecin légiste, a, elle, conclu à un "acharnement". Mis en examen et écroué, l'homme aurait dû rester en prison jusqu'à son procès. 

Un minuscule vice de procédure. Mais son avocat, Frank Berton, a trouvé la faille : dans le dossier parvenu à la cour d'appel de Douai, manquent deux pages. Un vice de procédure minuscule en apparence, mais suffisant pour contester la détention de son client. Après un avis contraire de la cour d'appel, c'est finalement la Cour de Cassation qui a reconnu la validité de l'argument, permettant de facto à l'homme de recouvrer la liberté. 

Un contrôle judiciaire très strict. Pour la famille de la victime, qui craint que le meurtrier présumé disparaisse dans la nature et ne se présente jamais au procès, c'est la douche froide. Mais aucune contestation n'est possible. En attendant l'audience, le Procureur de la république a demandé à ce que l'homme soit placé sous un contrôle judiciaire très strict, avec interdiction de quitter le territoire ou d'entrer en contact avec la famille de la victime. Une surveillance qui ne sera pas effective avant quelques jours, toujours pour des raisons de procédure...