Pourquoi l'école maternelle s'appelle-t-elle "maternelle" ?

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VIDÉO - Ce maillon de l'Education nationale, que le gouvernement veut réformer, a toujours été une histoire de femmes. Et les tentatives pour changer son nom n'ont jamais abouti...

"Maternel, (adjectif) : qui est propre à la mère, qui joue le rôle d'une mère". En France, l'école qui accueille les enfants dès leur plus jeune âge porte depuis toujours cette marque "maternelle". Pourquoi ? "Tout simplement parce qu'au départ, il n'y avait que les femmes qui s'occupaient des enfants !", résume Virginie Salmen, la spécialiste "éducation" d'Europe 1. C'est ce maillon de l'Education nationale que le gouvernement entend aujourd'hui réformer. 

Ces "salles d'asile" où les enfants étaient parqués. Tout débute en réalité avec la révolution industrielle et le début du travail des femmes dans les usines. "Elles ont commencé à aller tous les jours à l'usine. Il fallait bien que quelqu'un s'occupe des enfants", explique Virginie Salmen. Mais il ne s'agit pas alors d'éducation, loin de là ! Parmi ces tout premiers lieux d'accueil, certains sont même appelés "salles d'asile". Il ne s'agit que de "garder les enfants comme des moutons". Et pour la société de l'époque, seules des femmes, vues comme des mères par extension, peuvent jouer ce rôle. L'adjectif "maternelle" s'impose sans discussion. 

Des écoles et des femmes. Parmi les grandes figures qui ont marqué l'histoire de l'école maternelle en France, il y a Pauline Kergomard. Cette institutrice, devenue inspectrice générale, est considérée comme la "grand-mère des maternelles". Et aujourd'hui encore, ce sont des femmes à plus de 80% qui enseignent en maternelle. 

Et si on changeait de nom ? L'idée n'est pas nouvelle : et si on changeait le nom de l'école "maternelle" pour lui donner une nouvelle impulsion ? Philippe Meirieu, l'une des figures de la pédagogie en France, proposait "école première", considérant que la dénomination précédente était "complètement obsolète". Quelques années plus tard, la députée socialiste de Paris Sandrine Mazetier avait proposé "première école" ou "petite école", pour une version moins "sexiste". "Beaucoup ont essayé mais personne n'a réussi !", résume Virginie Salmen.