Pour sauver les commerces, le maire d'un village de l'Eure s'est personnellement endetté

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Pour maintenir les commerces de son village de l'Eure, le maire de Quitteboeuf n'a pas hésité à acheter et aménager les lieux sur ses deniers personnels.

Pour ses administrés, Benoît Hennart fait figure de héros du jour. Le maire de Quittebœuf, une petite commune de l'Eure de 652 habitants, a pris il y a quelques semaines un crédit sur 20 ans, à titre personnel, pour contrer la désertification commerciale de son village.

Une décision "vitale" pour sa commune. Le coup de grâce remonte à sept ans. En trois mois, boulangerie, épicerie et bar-tabac baissent le rideau. Si le cafard gagne Benoît Hennart, il refuse de laisser mourir son village et décide de s'endetter à titre personnel. "Je n'ai pas voulu endetter la commune, donc j'ai pris ça sur moi", raconte-t-il humblement au micro d'Europe 1. L'édile a ensuite acheté le commerce, puis a entrepris de réaliser lui-même les travaux pour pouvoir accueillir le café-épicerie. "J'ai fait un crédit sur 20 ans : 200.000 euros. On ne pourra pas me reprocher d'avoir augmenté les impôts pour payer les commerces", glisse-t-il. Le maire de Quittebœuf l'assure : cette décision était selon lui "vitale". "Si on n'arrive pas à créer de nouveaux commerces, nos villages vont complètement disparaître", déplore-t-il.

Un choix risqué, mais qui paie. Benoît Hennart confie passer de nombreuses "nuits blanches". "C'est risqué, car si mon commerce ferme, mon crédit, lui, va continuer de courir et je vais bien devoir le rembourser", souligne-t-il. Aujourd'hui, Monsieur le maire peut déjà se satisfaire : le Petit Canon, le café-épicerie qu'il a retapé, ne désemplit pas. "Je trouve ça formidable de voir quelqu'un se débattre pour sauver son village. C'est énorme", salue une cliente. "Il est très généreux. Et il n'a qu'une idée en tête : tout faire pour son village. Chapeau !", complimente une autre.

Pour l'élu, ancien menuisier, le prochain chantier est déjà lancé : la construction d'une boucherie-charcuterie. Un commerce qui devrait coûter 50.000 euros, mais qui n'a pas encore été financé.