"Pognon de dingue" : "les prestations sociales coûtent plus chères parce qu'il y a plus de pauvres", défend la fondation Abbé Pierre

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Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, rappelle mercredi sur Europe 1 que la France compte plus de pauvres aujourd'hui qu'il y a dix ans. 

INTERVIEW

"Si un certain nombre de prestations sociales coûtent plus chères aujourd’hui, c’est parce qu’il y a plus de pauvres" : Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, a condamné mercredi dans Europe Soir les propos tenus par Emmanuel Macron dans une vidéo postée sur Twitter mardi soir, dans laquelle il affirme qu’"on met un pognon de dingue dans les minima sociaux"

Des Français de plus en plus pauvres. En prenant l’exemple des aides au logement (APL), Christophe Robert s’emporte qu’"on dise que ça coûte 18 milliards d’euros pour une efficacité relative. Car si ça coûte 18 milliards c’est parce qu’il y a plus de personnes qui sont tombées sous les niveaux de ressources qui permettent d’en bénéficier, donc ce sont des personnes qui ont besoin d’être aidées". Le délégué général de la Fondation Abbé Pierre rappelle qu’en France, "on a un million de pauvres de plus en 10 ans", d’un point de vue monétaire.

Un manque d'accompagnement à l'insertion. Alors qu’Emmanuel Macron a également évoqué "les pauvres qui restent pauvres", Christophe Robert a défendu le travail des personnes qui travaillent dans l’action sociale : "Elles ne font pas ce travail pour laisser les personnes dans leur situation." Mais il évoque les difficultés qui pèsent sur l’insertion des Français sans ressources. "Le président dit que la dimension insertion, accompagnement des personnes qui bénéficient du RSA a diminué et ça c’est un vrai problème. Les départements, qui ont eu en 2004 la responsabilité du RSA, ont été débordés aussi par l’aide à l’autonomie des personnes âgées, la distribution des prestations… et pour beaucoup de départements, ils n’ont pas les moyens de faire de l’accompagnement", déplore le représentant de la fondation.

Christophe Robert dit soutenir le président qui affirme dans son discours vouloir mieux aider les pauvres, mais il prévient : "L’accompagnement, la remise à l’emploi, au logement, ça va coûter aussi."