Plus précoce, plus connecté, le harcèlement scolaire change de visage

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L'ENQUÊTE DU 8H - Des cas de harcèlement scolaire sont de plus en plus signalés à l'école primaire. Parallèlement, le développement de nouveaux réseaux sociaux ouvre d'autres espaces aux harceleurs.

L'ENQUÊTE DU 8H

Davantage d'élèves se déclarent harcelés en CE2, CM1 et CM2, selon une enquête qui sera publiée en décembre par le ministère de l'Education nationale. Pour le délégué ministériel chargé du harcèlement, c'est le signe que les langues se délient à un âge où les solutions sont plus faciles à trouver, car le harcèlement n'est pas encore solidement ancré. 

Un fléau pas encore assez combattu. Du côté des associations, la perception est très différente. Pour Nora Fraisse, la mère de Marion, qui a mis fin à ses jours après un harcèlement dans son collège en 2013, il ne s'est toujours rien passé d'important sur le sujet. "Tout ce qui se passe aujourd'hui, c'est grâce à des initiatives privées. Je n'ai pas le sentiment qu'on ait les moyens financiers et humains pour éradiquer ce fléau. Il faut que cela passe par la prévention, dès la maternelle. J'ai besoin, en tant que parent, d'une parole forte, d'actions sur le terrain, de campagnes. Aujourd'hui, on ne les retrouve pas", déplore-t-elle sur Europe 1.

La technologie au service des harceleurs. Le harcèlement passe beaucoup par les réseaux sociaux. Et de nouvelles applications inquiètent tout particulièrement. C'est le cas de Sarahah, un réseau social saoudien, 30e application la plus téléchargée sur l'AppStore, dont le principe est d'envoyer des messages anonymes à n'importe qui. Par ailleurs, Twitter, Facebook, Instagram ou encore Snapchat restent des vecteurs de harcèlement. Si votre enfant possède un compte Snapchat, sachez que la Cnil, la commission informatique et libertés, propose cinq paramètres à régler pour minimiser le harcèlement, comme masquer son numéro de téléphone ou demander une authentification par SMS.

Le harcèlement sexuel commence à l'école. Au-delà du racket et des insultes, les élèves subissent aussi, parfois, des formes de harcèlement sexuel. "On nous court après, on touche nos fesses, etc", illustre une collégienne au micro d'Europe 1. "Ici, on nous apprend quelques petits trucs en début d'année, comme la puberté. Mais on ne parle pas beaucoup des garçons. Parfois, ils ne se contrôlent pas", raconte la jeune fille. "Au début, on pense que c'est un jeu. Mais après, quand on se rend compte, on se sent sales, humiliées", confie une autre. Ces jeunes filles racontent aussi que des garçons décrètent de temps à autres une "journée de la fesse", pendant laquelle ils doivent toucher le plus grand nombre de filles. Selon des études internationales, les filles sont en moyenne deux fois plus sujettes au harcèlement scolaire que les garçons. 

Aujourd'hui, des méthodes ont été élaborées pour tenter de lutter contre ce fléau. C'est notamment le cas de la méthode scandinave Pikas, dont le principe est de travailler sur les harceleurs. Elle préconise des entretiens individuels entre harceleurs et harcelés. Plusieurs collèges sont actuellement en train de tester cette solution possible.