Plus de la moitié des ados des bidonvilles et squats ne sont pas scolarisés

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Plus de la moitié des ados des bidonvilles et squats ne sont pas scolarisés
@ MIGUEL MEDINA / AFP
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Ce chiffre a été révélé mardi, d'après une enquête du Collectif pour le droit des enfants roms à l'éducation. 

C'est un chiffre inquiétant : plus de la moitié des adolescents âgés de 12 à 18 ans vivant dans des bidonvilles et des squats en France ne sont pas scolarisés. Ces données ont été récoltées suite une enquête du Collectif pour le droit des enfants roms à l'éducation (CDERE), publiée mardi. Sur les 161 jeunes interrogés, "majoritairement originaires de Roumanie et de Bulgarie, qui se reconnaissent souvent comme Roms ou désignés comme tels", 85, soit 53% d'entre eux, ne vont pas à l'école. Ce taux atteint 67% si l'on intègre les enfants scolarisés, mais "non assidus".

Les filles encore plus touchées. "Ce taux de déscolarisation reste largement supérieur à celui de l'ensemble des jeunes de 12 à 18 ans vivant en France qui n'est que de 7%", souligne le CDERE. Ce phénomène touche particulièrement les 16-18 ans, le taux de déscolarisation atteignant 96% dans cette tranche d'âge.

Leur situation familiale (parfois en couple, et/ou avec enfants) et leur désir d'entrer dans la vie active plutôt que de continuer à aller à l'école sont les principaux facteurs d'abandon. Les filles sont également plus touchées, 56% d'entre elles étant déscolarisées, contre 50% pour les garçons. Selon le CDERE, la discrimination homme-femme est "pire pour les personnes qui se disent ou sont identifiées comme Roms". 

9.000 enfants et adolescents concernés, selon l'UNICEF. Le CDERE recommande notamment d'obliger les maires à dresser la liste des enfants soumis à l'obligation scolaire sur leur commune. En 2015, la délégation interministérielle à l'hébergement et à l'accès au logement des personnes sans-abris ou mal logées (Dihal) a recensé un peu plus de 4.200 mineurs vivant dans des "campements illicites" en France. Selon UNICEF France, près de 9.000 enfants et adolescents vivaient en 2015 dans des bidonvilles sur le territoire métropolitain.