Plongée exclusive au coeur du dépôt de Paris

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Plongée exclusive au coeur du dépôt de Paris
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Depuis le 16 avril, les avocats parisiens sont entrés en révolte contre les conditions "inhumaines" de détention au dépôt de Paris. Europe 1 vous propose une plongée exclusive en images dans ce lieu habituellement interdit à la presse.

On pourrait presque se croire dans Midnight Express sauf que ça se passe en plein Paris, au Palais de Justice. Le dépôt accueille les personnes en fin de garde-à-vue, qui attendent d'être présentées au juge et donc, présumées innocentes. Elles sont incarcérées dans un lieu dont l'insalubrité est manifeste : murs délabrés, rongés d'humidité, toilettes bouchés, exiguïté des cellules...

Guillaume Biet a pu visiter ce lieu, habituellement totalement interdit à la presse :

Cette inquiétante réalité a entraîné la révolte des avocats parisiens. Le 16 avril, les 12 secrétaires de la Conférence du Barreau de Paris, des avocats qui représentent le jeune barreau parisien et assurent la défense pénale des plus démunis, ont profité d'une audience de comparution immédiate pour dénoncer ces conditions et plaider la nullité de la procédure en cours. "Il y a des moments où il est impossible de s'accommoder d'une réalité déshonorante", a déclaré Me Christian Charrière-Bournazel devant les magistrats de la 23e chambre. Qu'un détenu "sorte de l'ombre du cachot, sans n'avoir même pu se laver les dents, et ayant fait ses besoins naturels derrière un semblant de paravent, (...) est incompatible avec la justice", a poursuivi le bâtonnier, convaincu qu'aucun prévenu ne pouvait comparaître dignement et être en état de se défendre après avoir passé jusqu'à 20 heures au dépôt. "Il est temps que l'Etat prenne ses responsabilités" avait-il lancé.

Toutefois, leur requête a été rejetée. Le procureur Marie-Françoise Sutter a estimé que les cellules respectaient "la dignité des personnes". Samedi dernier cependant, certains de leurs confrères ont obtenu la désignation d'un magistrat, Pascal Gand, pour visiter les sous-sols du Palais d'ici au 28 mai.