Plaisanterie d'Emmanuel Macron au Burkina Faso : "C'est assez maladroit"

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"On est dans un contexte très particulier, les relations entre la France et les pays africains ont été pendant très longtemps marquées par la condescendance", a rappelé le président de SOS Racisme, samedi sur Europe 1.

INTERVIEW

"Il est parti réparer la climatisation !" La petite phrase, lancée mercredi par Emmanuel Macron à Roch Marc Christian Kaboré lors d'une allocution au Burkina Faso, continue de faire parler. Invité d'Europe 1, samedi matin, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, a jugé la boutade du président français "maladroite", tout en appelant à ne pas la surinterpréter.

Ne pas réduire à quelques secondes. "Qu'il y ait des blagues qui puissent être faites entre chefs d'Etats, ça arrive assez fréquemment dans le cadre de sommets", a rappelé Dominique Sopo. "Cela dit, on est dans un contexte très particulier. Les relations entre la France et les pays africains ont été pendant très longtemps marquées par de la condescendance, et même de la manipulation, avec cette vision du grand Blanc qui venait expliquer aux Noirs ce qu'il fallait faire et ce qu'il fallait penser, voire qui devait diriger les pays....Disons que c'est assez maladroit, de ne pas prendre en considération cet aspect des choses, même si la prestation d'Emmanuel Macron ne se réduit pas à ces quelques secondes".

"Il est parti réparer la climatisation". Interrogé sur les coupures d'électricité qui affectent la climatisation de l'université de Ouagadougou, mercredi Emmanuel Macron avait répliqué à une étudiante : "Mais moi je ne veux pas m'occuper de l'électricité, c'est le travail du président du Burkina Faso !". C'est alors que Roch Marc Christian Kaboré s'était levé et avait quitté la salle. "Du coup il s'en va... Reste là !", lui avait alors dit Emmanuel Macron, avant se lancer à l'assistance : "Du coup, il est parti réparer la climatisation !".

"Passif historique". "Le principal concerné est en droit de s'exprimer lui-même s'il se sentait humilié, sans qu'il y ait besoin d'aller voler à sa rescousse", a encore jugé Dominique Sopo, samedi. "Mais une blague qui est faite dans un certain contexte ne va pas être appréciée de la même façon dans d'autres contextes, parce qu'il y a aussi du passif historique."