Photographier le monde par drone "comme si on était un oiseau"

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Eric Dupin est un précurseur de la photographie par drone. Une manière selon lui de révolutionner les prises de vue.

INTERVIEW

Photographier le monde avec un drone. C'est le titre d'un ouvrage de photos qui vient de sortir et qui présente le travail de tous ceux qui, après Yann Arthus-Bertrand, ont choisi de photographier la Terre vue du ciel, pas depuis un hélicoptère mais grâce à un drone. Eric Dupin est co-auteur de ce livre et le fondateur du site dronestagram, qui recense des photographies du monde entier prises par des drones. Il était l'invité de l'émission C'est arrivé demain pour faire part du développement de l'usage de ces appareils miniatures télécommandés.

Des prises de vue inédites. Le livre couvre tous les styles de photographies et surprend parfois. On peut imaginer une alternative esthétique à Google Earth. Mais plus surprenant, la photographie par drone réinvente par exemple la photo de mariage ! "C'est un événement en lui-même assez esthétique et le drone magnifie" l'exercice, souligne Eric Dupin. La photographe vante la qualité des équipements et la proximité avec le sujet. Au rayon des sujets abordés, on catalogue les photos d'entreprise, les vues de dégâts du réchauffements climatiques, des photos d'architecture. "Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas totalement interdit de faire voler un drone dans les rues de New York ou à Shangaï, donc on a souvent des vues incroyables", décrit le spécialiste.

Réglementation stricte en France. Sur le territoire français en revanche, "on n'a pas le droit de survoler une agglomération, ni des personnes, même des animaux." Il est également interdit de voler à moins d'une certaine distance d'une centrale nucléaire, d'une route ou d'un aéroport. "C'est très limité", reconnaît Eric Dupin. "Après, la direction générale de l'aviation civile (DGAC) qui édicte ces réglementations fait preuve d'une certaine souplesse vis-à-vis des particuliers. C'est toléré dans certaines conditions de bon sens." Application concrète : "même en privé, on évite de faire voler un drone au-dessus de 150 personnes parce que si jamais il tombe, ça peut faire mal."

"Comme un oiseau". De manière pratique, ce que vise le drone est vu à distance sur une tablette, un moyen de renouer avec une sensation de vertige sans prendre de risques. "Ça va même plus loin. On a des lunettes d’immersion. On est à bord du drone comme si on était un oiseau", commente Eric Dupin. Au-delà de la photo, le drone trouve aussi des usages professionnels comme "l'inspection des édifices". Les appareils sont aussi utilisés dans une vocation humanitaire, comme la recherche de personnes ou la livraison de médicaments. Et de manière plus triviale, la livraison de marchandises, comme une pizza, est aussi envisageable.