Pascal-Paoli : du sursis requis contre les quatre marins

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Pascal-Paoli : du sursis requis contre les quatre marins
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Les quatre marins corses, qui risquaient 30 ans de prison pour avoir détourné le ferry en 2005, se sont dits soulagés par les réquisitions.

Deux ans avec sursis pour deux des prévenus, dix-huit mois avec sursis pour les deux autres. Les peines de prison requises vendredi à l'encontre des quatre marins corses jugés à Marseille pour le détournement du navire Pascal-Paoli, en 2005, sont loin des trente ans initialement encourus.

"Il s'agissait d'une action symbolique, mais vous le savez, le symbole n'est pas admis par la loi pénale comme une excuse absolue", a déclaré le procureur Michel Raffin pour justifier ses réquisitions.

A l'issue de l'audience, Alain Mosconi a exprimé son soulagement : "Depuis quatre ans, nous étions quatre criminels qui risquions 30 ans, hier nous en risquions 10 et aujourd'hui deux : même si ça reste lourd, on est loin du point de départ et nous espérons que les juges entendront nos arguments pour la relaxe".

La veille, le tribunal correctionnel de Marseille était longuement revenu sur les circonstances d'une action syndicale hors du commun. Les 27 et 28 septembre 2005, les marins avaient détourné le car-ferry Pascal-Paoli, dans le port de Marseille, appartenant à la Société Nationale Corse Méditerranée (SNCM), afin de s'opposer à la privatisation de leur compagnie. Ils avaient forcé le capitaine à appareiller à destination de Bastia pour "ramener le navire au peuple corse". La reprise de contrôle du Pascal-Paoli avait été assuré par un commando du GIGN, au large de Bastia.

L'ancien leader du syndicat, Alain Mosconi, ses deux frères, Jean-Marc et Patrick, et Félix Dagrégorio, 48 ans, un autre militant, risquaient des peines de 10 ans d'emprisonnement pour "séquestrations de personnes suivies d'une libération volontaire avant le septième jour et usurpation de commandement".

Avec ironie, le président de la sixième chambre du tribunal correctionnel Vincent Turbeaux avait évoqué, jeudi, "40 voleurs, des Corses qui veulent rentrer en Corse et qui en ont marre de bouffer des sandwiches". "L'action menée est hautement syndicale" lui avait répondu Alain Mosconi : "L'important pour nous était de préserver un service public de continuité territoriale" et d'"interpeller les élus corses". Le procès s'achève vendredi.