Paris : une gay pride placée sous le signe de la sécurité

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Paris : une gay pride placée sous le signe de la sécurité
@ AFP
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La "Marche des fiertés" parisienne sera placée samedi sous le signe de la sécurité, trois semaines après la tuerie dans un bar gay d'Orlando, en Floride. 

La "Marche des fiertés" parisienne, qui chaque année rassemble des dizaines de milliers de personnes dans la capitale, sera placée samedi sous le signe de la sécurité, trois semaines après la tuerie perpétrée dans un club gay d'Orlando, en Floride.

"Un triplement des unités et forces mobiles engagées". Le dispositif sera "particulièrement renforcé" avec "un triplement des unités et forces mobiles engagées", alors que des "mesures particulières" seront prises, a déclaré la préfecture de police, sans plus de précisions. Près d'un millier de policiers et gendarmes devraient être mobilisés pour l'événement, a précisé une source policière. Quelque 250 bénévoles seront également répartis "tout au long du parcours" pour "faire le lien" avec les autorités, indique Clémence Zamora-Cruz, la porte-parole d'Inter-LGBT, qui organise la manifestation. "Notre grand souci est d'assurer la sécurité des marcheurs", affirme-t-elle.

Une gay pride déjà retardée d'une semaine à cause de l'Euro. La manifestation, plus communément appelée "gay pride", qui se tient habituellement le dernier week-end de juin, a été retardée d'une semaine. A la date initiale, samedi 25 juin, les forces de l'ordre étaient en effet réquisitionnées pour assurer notamment la sécurité d'un match de l'Euro de foot au parc des Princes, à 18h. "On nous a fait comprendre qu'il y avait de fortes menaces sur notre marche", notamment après l'attaque jihadiste contre le "Pulse", une boîte gay d'Orlando, qui a fait 49 morts le 12 juin dernier, raconte Clémence Zamora-Cruz.

Il ne faut pas avoir peur et marcher
Clémence Zamora-Cruz, porte-parole d'Inter-LGBT

"On a toujours été des cibles potentielles". "Mais on a toujours été des cibles potentielles, remarque-t-elle. On l'est tous les jours, aussi bien au niveau individuel qu'en tant que communauté. Il ne faut pas avoir peur et marcher". Le parcours, qui va cette année du Louvre à la place de la Bastille, a été réduit de 2 kilomètres pour "assurer une meilleure sécurisation de l'évènement", selon la préfecture. La communauté LGBT a diversement apprécié.

La vraie lutte contre l'homophobie, c'est justement de permettre aux homosexuels d'exister dans l'espace public
Gwen Fauchois, ancienne présidente d'Act up

"C'est vécu comme une tentative de nous empêcher d'être visibles", soupire Gwen Fauchois, ancienne présidente d'Act up, pour qui tous les moyens policiers devraient au contraire être mis en oeuvre après la tragédie d'Orlando pour permettre une gay pride sans restrictions. "La vraie lutte contre l'homophobie, c'est justement de permettre aux homosexuels d'exister dans l'espace public", affirme-t-elle. "Loin des polémiques stériles sur le parcours de la marche, nous devons être nombreux pour marquer notre soutien aux droits des personnes trans", répond dans un communiqué l'association Gaylib.

Les transgenres à l'honneur. La Marche des fiertés 2016 met à l'honneur les transgenres, "sa composante la plus 'invisibilisée'", dont "les droits sont une urgence", d'après Inter-LGBT. Son mot d'ordre est : "Stérilisations forcées, agressions, précarité : stop !" L'Assemblée a voté en mai un amendement permettant le changement d'état-civil pour les personnes trans, dont plusieurs associations LGBT ont demandé le retrait "pur et simple" car il porte, selon elles, "gravement atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux" des requérants.

La dernière gay pride avant l'élection présidentielle visera aussi à rappeler à François Hollande ses "promesses non tenues", malgré l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, selon l'Inter-LGBT. La procréation médicalement assistée est ainsi toujours fermée aux femmes seules ou en couple avec une femme, contrairement aux engagements du candidat Hollande, observe l'association.

Des centaines de membres de la communauté LGBT s'étaient déjà rassemblés mardi soir à Paris lors d'une "Pride de nuit" pour dénoncer la "trahison" du président de la République sous le mot d'ordre "PS : la fierté, c'est pas son genre".