Jean Zay au Panthéon : "c’est la justice que mon père attendait"

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Jean Zay au Panthéon : "c’est la justice que mon père attendait"
Jean Zay, ministre de l'Education sous le Front populaire. Photo datant d'octobre 1938.@ AFP
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Catherine, la fille de Jean Zay, témoigne au micro d’Europe 1 sa fierté de voir son père entrer au Panthéon ce mercredi. 

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Elle a ouvert les portes de sa maison d’Orléans à Europe 1. Catherine est la fille aînée de Jean Zay. Son père, ministre du Front populaire, résistant emprisonné puis fusillé par la Milice, fait son entrée au Panthéon avec Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Une cérémonie qui rend très fière sa fille.

Dans le souvenir de son père. Catherine vit entourée du souvenir de son père. Il y a le lustre et la table en verre que Jean Zay possédait dans les années 30 ou encore les carnets de notes qu’elle allait faire signer par son père lorsqu’il était en prison. Après quatre ans d’emprisonnement, Jean Zay est fusillé dans un sentier en 1944. Il a d’ailleurs à peine le temps de retirer ses petites lunettes rondes pour les nettoyer.

"Je suis bouleversée". Cette histoire, "c’est quelque chose qu’on met toute une vie à intégrer", explique Catherine Martin-Zay. "Je suis bouleversée", dit-elle, avant de s’interroger : "pourquoi est-ce que les politiques d’extrême-droite se sont acharnés, lui qui était un homme très ouvert". Pour sa fille, Jean Zay "reprend la place que la France lui devait".

"C’est la justice que mon père attendait". Catherine Martin-Zay ne ressent aucune pression vis-à-vis de cette "panthéonisation" : "je sais que c’est la justice que mon père attendait". "Il avait une confiance absolue", raconte-t-elle, "il le dit d’ailleurs dans ses lettres : 'un jour, justice me sera rendue'... Cette justice, elle arrive là avec cette cérémonie au Panthéon".

Les lettres de son père avec elle. Ce mercredi, au Panthéon, Catherine sera là avec plusieurs lettres de son père, et notamment celle qu’il lui a envoyé pour ses trois ans. Jean Zay lui écrit : "j’espère que tu seras fier de moi". Ce moment, dit-elle, est arrivé.