Attaque au Louvre : "Il n'y a pas de profil-type, ça peut venir de n'importe qui"

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Attaque au Louvre : "Il n'y a pas de profil-type, ça peut venir de n'importe qui"
Le Sacré Coeur fait partie des sites sensibles en raison de leur fréquentation touristique@ JOEL SAGET / AFP
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Depuis l'attaque du Carrousel du Louvre, la vigilance des patrouilles de l'opération Sentinelle est d'autant plus grande.

REPORTAGE

L'assaillant des militaires au Carrousel du Louvre, vendredi, pourrait être interrogé dès dimanche car son état de santé s'est amélioré. Il a été placé en garde à vue à l'hôpital samedi soir. Quarante-huit heures après l'agression de militaires, les troupes de l'opération Sentinelle sont encore plus sollicitées, comme le 8ème régiment de parachutistes de Castres qui étaient devant le Sacré Coeur samedi. 

La vigilance est de mise. C'est une surveillance 24h sur 24, fusil d'assaut Famas à la main, au pied du Sacré Coeur. Le caporal-chef Emmanuel donne ses consignes à trois de ses hommes. C'est le début de la patrouille, entre un groupe de touristes et un joueur d'accordéon. La menace est plus que jamais présente dans l'esprit du 1ère classe Guillaume, 20 ans, au micro d'Europe 1. "Ca peut venir de n'importe qui en fait. Donc moi je regarde tout. ll n'y a pas de profil-type. Quelqu'un qui touche son sac, je regarde s'il ne sort pas quelque chose... Ça peut venir de partout."

Des marques de gratitude. La prochaine relève est dans deux heures. Concentration maximale, même quand un couple de retraités vient les saluer. "Il faut déjà les remercier, les admirer", explique l'homme. "Ils vont finir par faire partie du décor", renchérit sa femme. "C'est malheureux, mais heureusement qu'ils sont là."

Guillaume ressent au quotidien cette gratitude de la part des Français. "On a plus de mercis. De temps en temps, il y a des gens qui nous donnent des pains au chocolat, des croissants, qui nous proposent des cafés."

La routine, un piège pour les patrouilles. Le caporal-chef Emmanuel veille, quant à lui, à lutter contre les habitudes, le piège de la routine. C'est pour cette raison qu'ils changent de site régulièrement. "C'est jamais les mêmes contextes, les mêmes rues. Les nuits, c'est les comportements qu'on a : relâchés, trop distraits et tout de suite tout le monde le ressent. Donc on se donne à fond, on continue, on peaufine, on s'améliore."

Des patrouilles qui vont se poursuivre encore deux mois pour ces parachutistes de Castres. Ils sont arrivés à Paris seulement quelques jours avant l'attaque du Louvre. Ils font partie des 3.500 militaires actuellement mobilisés en Île-de-France dans le cadre de l'opération Sentinelle. Ils sont 7.000 sur toute la France.