Numéro "anti-relous" : "Plus de 10.000 SMS envoyés en trois jours"

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Dans "Bonjour la France" sur Europe 1, la co-créatrice du numéro "anti-relous" s'est dite surprise par l'utilisation massive de ce numéro, depuis son lancement vendredi.

INTERVIEW

06.44.64.90.21 : voici le numéro à fournir à un homme qui se montrerait trop insistant, et à qui dire "non" ne semble pas suffisant. Dans la foulée de l'affaire Weinstein, et alors que de très nombreuses femmes, réunies autour des hashtags #Balancetonporc et #MeToo, dénoncent les violences sexuelles dont elles sont victimes, un duo d'activistes féministes a lancé vendredi ce numéro "anti-relous".

"Changer le comportement des agresseurs". "Ça reste un outil à utiliser uniquement quand on a envie de se débarrasser de quelqu'un et qu'on a envie de faire un acte militant, ce n'est pas un outil à utiliser en cas de danger. Dans ce cas-là, il faut se tourner vers la police", précise Clara Gonzales, militante de 26 ans à l'origine du dispositif, dans Bonjour la France sur Europe 1 lundi. "Ce qu'on a créé, c'est un outil, pas une solution sociale. Ce qu'il faut changer aujourd'hui, ce n'est pas le comportement des femmes mais celui des agresseurs. Si on veut un changement à l'échelle nationale, à la hauteur des attentes qu'ont exprimé les femmes, il faut se tourner vers un acteur, c'est l'Etat et le gouvernement", insiste la militante féministe. 

"Surpris par l'ampleur du phénomène". Depuis son lancement vendredi, le numéro a été très utilisé. Beaucoup trop même. "On a reçu aujourd'hui plus de 10.000 messages (…) On a vraiment été surpris de l'ampleur du phénomène. Ça montre à quel point les femmes ont aujourd'hui besoin qu'on apporte des solutions aux problèmes quotidiens auxquels elles sont font face", indique Clara Gonzales. Problème : chaque SMS automatique, envoyé depuis un robot, coûte aux créateurs 16 centimes d'euro.

Déjà plus de 1.000 euros collectés. L'utilisation du numéro a été si massive, soudaine - et donc coûteuse - que ses créateurs ont un temps envisagé de le désactiver. Finalement, ils ont choisi de le conserver, tout en lançant un appel aux dons. "On a mis en place une cagnotte en ligne, car on utilise un service payant. On est très content de la générosité du public et de l'engouement autour du projet. Aujourd'hui, on a collecté plus de 1.000 euros. Nous avions avancé 700 euros de frais, donc on va pouvoir continuer à laisser ce numéro actif", se réjouit Clara Gonzales, qui espère désormais collecter suffisamment d'argent pour faire fonctionner le numéro pendant un an".