Nucléaire : plusieurs milliers de manifestants contre l'EPR à Flamanville

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Nucléaire : plusieurs milliers de manifestants contre l'EPR à Flamanville
Des milliers de personnes ont manifesté devant le réacteur EPR en construction à Flamanville. @ CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Selon Greenpeace, il s'agit de la plus grande manifestation contre le nucléaire en France depuis cinq ans.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans le calme samedi pour "l'arrêt du nucléaire" en général, et contre les réacteurs EPR en construction à Flamanville, dans la Manche, et en projet à Hinkley Point en particulier. Selon la police, près de 2.700 personnes ont défilé à Flamanville, alors que les organisateurs évoquaient entre 3.000 et 5.000 manifestants. Pour Greenpeace, il s'agit de la plus grande manifestation contre le nucléaire en France depuis celle de Rennes, en 2011. "EPR c'est l'enfer", "Non à l'EPR, la passoire à 10 milliards" ou encore "EPR, notre argent foutu en l'air", pouvait-on lire sur les banderoles et les tracts, distribués tout au long du défilé sur la route côtière, d'où l'on pouvait apercevoir également l'usine de retraitement des déchets nucléaires de Beaumont-Hague, site qui concentre le plus de matière radioactive en Europe. 



"L'EPR n'est pas assez sûr." Même si le gouvernement britannique a déjà signé jeudi avec EDF et son partenaire chinois un accord de 21 milliards d'euros pour la construction de deux EPR à Hinkley Point, une vingtaine d'associations antinucléaires de l'ouest appelaient à manifester, ainsi qu'EELV, Greenpeace, Sortir du nucléaire, le Parti de gauche et le NPA. Dans le cortège, des Anglais ont aussi fait le déplacement. "L'EPR n'est pas assez sûr. C'est un gaspillage énorme d'argent et on ne sait pas quoi faire des déchets", a jugé Zoe, une Anglaise de 39 ans venue avec quatre autres Britanniques de Bristol, une ville relativement proche d'Hinkley Point. "En plus, s'il y a un accident ici en France, les radiations n'ayant pas de frontières, nous pourrions être touchés", a ajouté cette paysagiste.

Des anomalies à répétition. Lancée en 2007, la construction de l'EPR de Flamanville devait se terminer en 2012, mais son démarrage a été repoussé à plusieurs reprises. EDF, détenu à près de 85% par l'État et maître d'oeuvre du chantier, promet aujourd'hui un lancement fin 2018. Mais l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) vient d'annoncer 20 nouvelles anomalies sur le réacteur. Et le constructeur de la cuve, Areva (détenu à 86,5% par l'État), doit encore prouver la résistance de cette pièce majeure, sur laquelle l'ASN a trouvé une anomalie "sérieuse" en 2015. Entre-temps, le coût de ce réacteur, présenté comme de "nouvelle génération" par ses concepteurs, a triplé, à 10,5 milliards d'euros aujourd'hui.