Notre-Dame-des-Landes : un référendum, trois questions

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Notre-Dame-des-Landes : un référendum, trois questions
@ AFP
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Le Conseil d'Etat a validé la consultation locale sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il a rejeté le recours de certains opposants au projet.

Dimanche aura lieu le referendum pour ou contre l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, première consultation du genre en France. Objectif pour le gouvernement : sortir du "blocage" ce dossier vieux de 50 ans, contesté sur le terrain autant que devant les tribunaux, et qui empoisonne depuis le début de son quinquennat les relations entre socialistes et écologistes.

• Pourquoi ce transfert ?

Décidé dans les années 1960, ce projet d'aménagement du territoire est réactivé en 2000 au nom de la décentralisation. Avec le développement des vols à bas coûts et la croissance démographique de la région, le transfert de l'aéroport, du sud de Nantes à une vingtaine de kilomètres plus au nord, est devenu "essentiel" pour pallier la saturation à venir de Nantes-Atlantique, martèlent les promoteurs du projet, déclaré d'utilité publique en 2008.

Dépassant les prévisions avancées en 2003 lors du débat public, le trafic est passé de quelque deux millions de passagers au début des années 2000 à près de 4,4 millions en 2015 et il devrait encore doubler d'ici 2050, avec neuf millions de passagers.

Le survol de l'agglomération nantaise, l'exposition au bruit de "42.000 personnes" (contre 900 à Notre-Dame-des-Landes) et l'entrave à l'urbanisation justifient aussi le déménagement de l'actuelle infrastructure et sa piste unique située dans l'axe du centre-ville, pour le bocage nantais, où deux pistes peuvent être construites.

Des arguments réfutés par les opposants qui dénoncent un projet d'un "autre temps". Non seulement le nombre d'avions (49.250 en 2015) stagne, les aéronefs étant plus remplis qu'il y a quinze ans, mais ils sont aussi moins bruyants, et le nouvel aéroport n'accueillerait pas plus de lignes, arguent-ils.

• Quel coût ?

Cofinancé par le concessionnaire privé Vinci à hauteur de 56,1% et par l'Etat et six collectivités territoriales, le coût du projet a été évalué en 2010 à 561 millions d'euros pour quatre millions de passagers.

Avec un aéroport calibré pour neuf millions de passagers, la facture grimperait à 992 millions d'euros, un montant qui n'inclut pas les travaux connexes permettant l'accès au nouvel aéroport (tram-train, pont sur la Loire), à la charge des collectivités.

Les opposants chiffrent eux ce projet à 1,5 milliard d'euros minimum, soit "huit à dix fois plus" que le réaménagement de l'aéroport existant, estimé à 175 millions. Non chiffrée par l'Etat et le concessionnaire, l'éventuelle indemnisation versée à Vinci en cas d'abandon du projet serait de 150 à 200 millions d'euros selon les opposants.

• Quels impacts...

... sur l'environnement ? Préservé de toute construction depuis 40 ans et la création de la "Zad", zone d'aménagement différé, Notre-Dame-des-Landes est un site de 1.650 hectares composé de zones humides à 98%, et sa destruction causera des dommages "irréversibles" sur la biodiversité, affirment les opposants, qui jugent insuffisantes les mesures compensatoires prévues.

Manuel Valls avait objecté en octobre que ce projet est "bon, contrairement à ce qu'on entend, pour l'environnement". La future plateforme aéroportuaire du Grand Ouest doit être la première en France certifiée HQE (haute qualité environnementale), et consommerait trois fois moins d'énergie par passager que Nantes-Atlantique.

Le transfert permettra également de mettre fin au survol du lac de Grand-Lieu, une réserve naturelle attenante à Nantes-Atlantique.

... Et sur l'emploi ? Pour les pro-aéroport, la réalisation du nouvel équipement générera 5,4 millions d'heures de travail et 3.000 emplois pendant le temps de la construction, en plus des 2.000 emplois transférés d'un aéroport à l'autre et de ceux, estimés à 6.000, engendrés par la libération des espaces à Nantes-Atlantique et l'accueil d'entreprises.

Là encore, ces données sont contestées par les opposants, pour lesquels le chantier ne représentera "que 700 emplois temporaires pendant quatre ans", parallèlement à la suppression de 200 emplois agricoles.  Quant à l'usine Airbus, implantée au bord de l'actuelle piste, son maintien reste incertain en cas de déménagement.