Notre-Dame-des-Landes : ce que nous apprend le vote des communes

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Notre-Dame-des-Landes : ce que nous apprend le vote des communes
@ LOIC VENANCE / AFP
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Les communes limitrophes au futur aéroport ont massivement voté "non". A Nantes, le scrutin s'est joué à 100 voix.

Les habitants de Loire-Atlantique ont massivement dit "oui" dimanche à la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, en votant à 55,17% pour ce projet controversé. Mais ce vote cache de fortes disparités : si les communes éloignées du futur aéroport ont massivement voté "oui", le rejet a été franc et massif dans les villes limitrophes. Europe 1 a décortiqué les votes et en a retenu trois enseignements (pour les résultats commune par commune, c'est par ici).

Les communes limitrophes ont dit "non". Le département semble donc être prêt à accueillir un nouvel aéroport… à condition de ne pas l'avoir pour voisin. Les communes de Notre-Dame-des-Landes (73,6%), Vigneux-de-Bretagne (69,4%), Le Temple-de-Bretagne (68,2%), Grandchamps-des-Fontaines (66,6 %), Faye-de-Bretagne (60,3 %), Treillières (57,4%), Saint-Etienne-de-Montluc (53,4 %) et de Sucé-sur-Erdre (57,9 %), situées autour du chantier, ont ainsi majoritairement voté "non" au projet. Ainsi, l'ensemble de la "banlieue" de l'aéroport a montré une opposition franche au projet.



Autour de l'actuel aéroport, c'est divisé. À Nantes, capitale du département représentant 20% des électeurs, le "oui" ne l'a emporté qu'avec… 100 petites voix de plus que le "non". Contrairement à ce qu'avançait la maire PS de la ville, Johanna Rolland, très engagée pour le "oui", les habitants n'étaient donc pas plus soucieux que ça des bruits et du risque d'accident provenant de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique (celui que le futur aéroport doit remplacer), situé dans la banlieue Sud-ouest de la ville.

Plusieurs communes de la banlieue nantaise ont même voté "non" : Saint-Sébastien-sur-Loire (51,7 %), La Montagne (63,5 %) et Le Pellerin (60,3 %).  À Bouguenais, où l'aéroport est implanté, le "oui" au futur projet ne l'a emporté qu'avec 50,7% des voix (avec toutefois de fortes disparités selon la proximité ou non des quartiers avec l'aéroport actuel). La commune de Rézé, voisine de l'aéroport, a voté "non" à plus de 53%. Saint-Aignan-Grandlieu, collée à l'aéroport et sous la trajectoire des avions, a en revanche dit "oui" au transfert à plus de 70%.

Le reste du département a massivement dit "oui". La très grande majorité des communes du département a tout de même dit "oui" au futur projet, notamment le grand Nord, l'Est et l'Ouest du département, éloigné de l'aéroport actuel situé au Sud. L'emplacement du futur aéroport, prévu pour être en plein centre du département, les a probablement séduits. À part Nantes, les plus grandes communes de Loire-Atlantique ont également donné une majorité claire au futur projet : Châteaubriant (73,3 %), La Baule (65,8 %), Carquefou (65,4 %), Sainte-Luce-sur-Loire (63,4 %), Ancenis (62,4 %), Guérande (59,1 %), Vallet (59,1 %), Saint-Nazaire (53,3 %) ou encore Saint-Herblain (53,2 %).

Pour les opposants au projet, ce résultat n'est d'ailleurs pas surprenant : le gouvernement, qui a fixé le périmètre du vote, a choisi de limiter le référendum à la Loire-Atlantique car il savait justement que le département était favorable au nouvel aéroport. "Le référendum était pipé. Le périmètre a été défini à partir de sondages favorables au projet", dénonce ainsi Yves Riou, membre du collectif des Naturalistes en lutte, cité par Reporterre. Selon un sondage Ifop effectué en avril dernier, les Bretons et les Poitevins auraient, en effet, voté majoritairement "non" à Notre-Dame-des-Landes, pourtant présenté par le gouvernement comme "l'aéroport du Grand Ouest" de la France.