Non, personne n'a subi une opération à coeur ouvert sur le quai du métro parisien

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Non, personne n'a subi une opération à coeur ouvert sur le quai du métro parisien
Un métro parisien continue sa course, image d'illustration@ JOEL SAGET / AFP
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Un homme aurait subi une opération à coeur ouvert sur le quai du métro mardi. Une belle histoire... si seulement elle était vraie.

Un passager en proie à une attaque cardiaque aurait subi une opération à coeur ouvert directement sur le quai du métro sur lequel il se serait écroulé. Une histoire assez incroyable pour être relayée par de nombreux médias. Sauf que l'intervention ne s'est pas tout à fait passée comme cela. 

Le récit d'origine. Mardi dernier, Le Parisien rapporte une histoire pour le moins incroyable. Un homme d'une cinquantaine d'années s'est écroulé sur le quai du métro 13 à la station Duroc, foudroyé par une attaque cardiaque. Face à cette situation d'urgence, le Samu, arrivé rapidement sur place, aurait décidé de l'opérer sur le champ, à coeur ouvert, à même le quai. Une opération semble-t-il couronnée de succès puisque le patient a été transporté à l'hôpital dans un état stable. Un événement exceptionnel qui a provoqué l'arrêt du trafic à la station Duroc pendant deux heures. 



Ce qui s'est réellement passé. Si une intervention sur le quai d'un métro est suffisamment exceptionnelle pour être racontée, il ne s'agit pas pour autant d'une opération à coeur ouvert. Un scénario écarté par l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) contactée par 20 minutes. "Ça ne se fait pas. L’opération s’inscrivait dans un protocole de prise en charge des arrêts cardiaques", précise un responsable. Mais il n'y a pas eu d'"opération à coeur ouvert" à proprement parler.

Gérald Kierzek, médecin urgentiste et consultant d'Europe 1, explique ce qui a dû réellement se passer. "Le patient a eu une réanimation cardio-pulmonaire jusqu'à ce que le Samu arrive. Ensuite ils ont mis en place un protocole de recherche qui est pratiqué depuis plusieurs années et qui s'appelle l'ECMO. On fait appel à une équipe de réanimateurs qui utilise une technique de circulation extra-corporelle et de dérivation du sang pour l'oxygéner." Ce sang est ensuite réinjecté dans l'artère fémorale du patient. Celui-ci peut alors être transporté à l'hôpital dans un état stable. 

Alors comment en est-on arrivé là ? Là encore, le médecin urgentiste a une explication. "Dans l'urgence, l'équipe sur place a dû dire que l'homme avait fait un arrêt cardiaque et qu'on lui avait fait une procédure équivalente à ce qu'on fait lors d'une opération à coeur ouvert. Mais en aucun cas on ne lui a ouvert le thorax. Les gens ont peut-être vu un peu de sang passer sous le champ mais il n'y a même pas de chirurgiens dans l'équipe d'ECMO." Gérald Kierzek assure que cette procédure est pratiquée en moyenne cinq fois par semaine dans tous genres de contextes (à la maison, dans la rue, etc.).