Non-lieu prononcé dans l'affaire du jeune Rom lynché en 2014

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Non-lieu prononcé dans l'affaire du jeune Rom lynché en 2014
Le camp rom de Pierrefitte-sur-Seine, où Darius vivait. @ THOMAS SAMSON / AFP
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La justice a prononcé un non-lieu, faute de suspects, dans l'affaire du jeune Rom lynché par 20 personnes en 2014.

Faute de suspects, un juge d'instruction a prononcé un non-lieu dans l'affaire "Darius", ce jeune Rom dont le lynchage en 2014 dans une cité de Seine-Saint-Denis avait suscité une large indignation, a-t-on appris mercredi auprès de son avocate. Un an et demi après l'ouverture d'une information judiciaire pour tentative d'homicide, le juge d'instruction à Bobigny a rendu le 11 janvier une ordonnance de non-lieu, suivant les réquisitions du parquet déposées le 25 novembre. Au terme d'une enquête marquée par l'omerta, tant dans la cité que dans l'entourage de la victime, "les faits sont reconnus mais on n'a pas retrouvé les auteurs", déplore maître Julie Launois-Flacelière.

Un mois dans le coma. Le 12 juin 2014 au soir, Gheorghe Franzu, d'abord désigné sous le surnom de "Darius", est enlevé sous les yeux de sa famille par plusieurs personnes qui le soupçonnent de cambriolage dans le voisinage, à Pierrefitte-sur-Seine, dans le département de Seine-Saint-Denis. Roué de coups et laissé pour mort dans un chariot de supermarché, le jeune homme de 17 ans sortira du coma un mois plus tard. Quatre mois après les faits, plusieurs suspects avaient été placés en garde à vue, mais la victime ne les avait pas reconnus et ceux-ci avaient été relâchés faute de charges suffisantes.

Une place dans un centre médico-psychologique refusée. "A cause de ses troubles cognitifs (après l'agression, ndlr), Gheorghe a toujours besoin d'être aidé jusque dans les gestes de la vie quotidienne", raconte Me Launois-Flacelière, qui dénonce son "abandon" par les pouvoirs publics, "malgré les effets d'annonce" au moment du drame. Depuis sa sortie d'hôpital, deux mois après son lynchage, le jeune homme est hébergé par l'Etat dans un hôtel avec une partie de sa famille, mais n'a obtenu encore aucune indemnisation et s'est vu refuser une place dans un centre médico-psychologique.