Neige : que risquez-vous si vous n'avez pas pu aller travailler ?

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A cause des chutes de neige, la SNCF et la préfecture recommandent de reporter ses déplacements, ce qui peut entraîner des absences au travail.

Le Nord de la France s’est réveillé sous un beau manteau blanc mercredi. Des Pays de la Loire et du Poitou aux Ardennes, en passant par l'Île-de-France, une couche de neige d’une dizaine de centimètres a recouvert trottoirs, voitures, champs et maisons. Un paysage hivernal qui fait le bonheur des enfants mais pas forcément des parents qui doivent aller travailler. La SNCF et la préfecture de police ont demandé aux habitants d’Île-de-France de reporter leurs déplacements. Un retour à la normale est attendu dans la journée mais la situation pourrait se reproduire dès vendredi avec de nouvelles chutes de neige attendues. Pour autant,la neige est-elle une excuse valable pour ne pas aller travailler ?


Pas une faute. La réponse est oui. "L'absence ou le retard du salarié en cas d'intempérie (tempêtes, fortes chutes de neige…) n'est pas une faute s'il lui est impossible de se rendre au travail", indique le site officiel de l'administration française. Le salarié a l’obligation de prévenir son employeur en cas d’empêchement (route bloquée, transport en commun interrompu) mais il ne peut être sanctionné pour ces cas de "force majeure".

Cependant, l’enneigement doit être important pour justifier l’absence au travail. Quelques centimètres sur une route praticable ne constituent pas un motif suffisant. Nul besoin d’apporter la preuve de votre absence mais il peut être utile de prendre des photos (neige qui bloque la rue ou panneau d’affichage des gares) ou de rassembler des articles de presse listant les interdictions de déplacement, en cas de litige.

Risque de retenue sur salaire. Logiquement, l’employeur n’est en retour pas tenu de payer le salarié pour sa journée d’absence. Afin d’éviter une retenue sur salaire, l’administration liste plusieurs options à disposition du salarié : "récupérer ses heures d’absence" plus tard, "imputer l'absence sur ses congés payés ou ses jours de RTT" ou "recourir au télétravail". Dans le cas où c’est l’employeur qui ne peut ouvrir l’entreprise le matin alors que ses salariés sont bien présents, il doit les indemniser. Des exceptions existent, notamment dans le BTP ou les employés absents pour cause de chutes de neige sont indemnisés.

Droits du salarié… Les salariés ont également la possibilité d’exercer un droit de retrait s’ils considèrent que les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour se rendre au travail ou exercer son activité. Par exemple, si un employé ne se sent pas de conduire 20 kilomètres sur une autoroute verglacée, il peut téléphoner à son employeur et faire valoir ce droit. Cela s’applique également aux déplacements professionnels. A l’employeur de déterminer si le motif avancé par le salarié est légitime et de s’entendre avec lui.

… et obligation de l’employeur. Enfin, sur le lieu de travail, l’employeur est responsable de la sécurité et de la santé de ses salariés. Il est donc tenu d’adapter les locaux aux conditions de travail. Cela implique le déneigement devant l’entrée de l’immeuble, la mise à disposition de moyens de chauffage et de boissons chaudes mais la limitation du temps de travail pour les employés exposés au froid.