09/02/2018 - 19h31

Neige : les transporteurs routiers critiquent un abus du principe de précaution

© SAMUEL BOIVIN / AFP

Les organisateurs de transporteurs routiers ont de nouveau critiqué la gestion par les autorités de l'épisode neigeux, fustigeant un usage "incohérent du principe de précaution", après avoir été reçus vendredi par la ministre des Transports Elisabeth Borne. L'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) a dénoncé dans un communiqué "l'insuffisance de coordination et le manque de clarté dans le traitement de la diffusion de l'information" et le "stockage massif et parfois injustifié de véhicules en bord de route".

"Des endroits très loin des zones à risque". L'OTRE réclame "que cessent immédiatement les stockages préventifs" dans les zones non-touchées, ainsi que "la levée des interdictions", "sans attendre l'échéance du (samedi) 10 février à 12h dans les zones où est constatée une amélioration notable des conditions météorologiques". Pour l'organisation, "le sacro-saint principe de précaution trouve ici ses limites", "en aucune manière il ne justifie un manque de discernement dans les décisions qui ne s'imposaient pas systématiquement". "Il y a des endroits très très loin des zones à risque où les véhicules sont interdits de circulation - on ne peut pas rouler alors que manifestement les conditions nous le permettent", a déploré le secrétaire général de l'OTRE, Jean-Marc Rivéra.

Préjudice économique et financier. L'union des entreprises de transports et de logistique de France (TLF) et la Fédération nationale du transport routier (FNTR) ont quant à elles notamment demandé une "dérogation applicable dès ce week-end sur les temps de conduite et de service des conducteurs, afin de satisfaire les demandes d'approvisionnement de l'écosystème économique français et donc des Français en général". Les deux organisations ont dénoncé un "usage incohérent du principe de précaution" et ont demandé à leur entreprises adhérentes une estimation de leur "préjudices", "de façon à ce que soit abordée, chiffres en main, avec les pouvoirs publics, la question de la réparation". La FNTR avait estimé jeudi à au moins 60 millions d'euros le montant des pertes quotidiennes.