Moussaoui : "il faut davantage de lieux de culte" musulmans

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Moussaoui : "il faut davantage de lieux de culte" musulmans
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Le président du Conseil français du culte musulman estime que ses coreligionnaires ont besoin de "trois fois plus" de lieux de prière.

Les musulmans de France ont besoin de "davantage de lieux de culte". C’est le message qu’a voulu faire passer mercredi sur Europe 1 Mohamed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), alors que ses coreligionnaires, entre le référendum sur l’interdiction des minarets en Suisse et le débat sur l’identité nationalec sont actuellement au cœur de l’actualité.

"C’est une évidence. Il y a cinq millions de musulmans en France, dont 17% pratiquent la prière du vendredi. Nous avons donc besoin de 850.000 mètres carrés de lieux cultuels. Actuellement, nous disposons de 250.000 mètres carrés. Il faudrait donc multiplier au moins par 3 le nombre de lieux de culte existant pour répondre aux besoins des musulmans de France", a-t-il calculé. "Ça leur permettrait de sortir des caves et de ne plus prier dans la rue."

Qui, alors, pour financer la construction de ces nouveaux lieux de culte ? Pas l’Etat, qui "ne peut pas construire de lieux de culte pour les musulmans. L’Etat laïque doit être neutre vis-à-vis de toutes les religions", a rappelé le président du CFCM. Mohamed Moussaoui ne ferme en revanche pas la porte à des financements étrangers. "L’apport de financements de l’étranger n’est pas en soi répréhensible, a-t-il assuré. Si ça se passe dans des conditions transparentes, (avec des fonds) dont on connaît la provenance et la destination, je ne vois pas comment ça pourrait être un problème."

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Mohamed Moussaoui sur Europe 1 :

"Il faut d’emblée dire que l’immense majorité des musulmans de France ont une pratique apaisée de leur religion, a également tenu à souligner Mohamed Moussaoui. "Du point de vue constitutionnel, l’islam est à égalité avec les autres religions. Malgré cette réalité constitutionnelle, dans l’imaginaire collectif, l’islam continue d’être considéré comme l’islam de l’étranger, a-t-il également regretté. Les musulmans de France doivent être conscients de cet état de fait et en tenir compte."

Pour l’ancien universitaire, "entre la visibilité ostentatoire qui peut être considérée comme une provocation et la discrétion totale qui peut être synonyme de la négation des identités, il y a un équilibre à trouver. Cet équilibre doit être guidé par la reconnaissance, la compréhension et le respect de chacun."