Mort du petit Ilyès : "on a tué mon fils. C'est une souffrance indescriptible"

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Au premier jour du procès devant le tribunal correctionnel de Paris, les parents du petit Ilyès, mort accidentellement à l'hôpital il y a huit ans, ont eu du mal à accepter les explications de la défense. 

DANS LA SALLE D'AUDIENCE

Huit ans après le drame, l'émotion est encore vive pour les parents du petit Ilyès. En 2008, au soir du réveillon de Noël, le petit garçon, venu pour une angine à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris, est mort après qu'on lui a administré par erreur du chlorure de magnésium en forte dose, à la place du sérum destiné à le réhydrater. Lundi, au premier jour du procès devant le tribunal correctionnel de Paris, les explications de l'infirmière mise en cause et les rapports d'experts ne sont pas parvenus à les apaiser. 

Les excuses de l'infirmière. "On a tué mon fils. C'est une souffrance indescriptible", s'émeut la mère d'Ilyès à la barre, la voix tremblante et les larmes aux yeux. Entendre le détail de l'accumulation d'erreurs est extrêmement douloureux. L'infirmière, qui comparait pour homicide involontaire aux côtés d'un cadre de santé, un pharmacien et de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), s'excuse auprès de la famille. Des excuses immédiatement "rejetées" par le père d'Ilyès.

Une cascade d'erreurs. L'infirmière explique que ce soir-là, elle a préparé machinalement la perfusion, comme elle le faisait tous les jours depuis six ans. Mais cette fois, elle n'a pas lu l'étiquette. Elle a pris le dernier flacon de la pharmacie, persuadée qu’il s’agissait du sérum adéquat pour Ilyès, le B-16, reconnaissable à son bouchon bleu. En réalité, c’était un poison : du chlorure de magnésium, un produit qui n'est jamais utilisé tel quel, et sert à préparer des solutions nutritives. Cette bouteille n’aurait en fait jamais dû se retrouver dans l’armoire de ce service pédiatrique. Les flacons y avaient été livrés à tort.

Pas de contrôles des stocks. Au-delà de la responsabilité de l’infirmière, c’est aussi l’absence totale de contrôle des livraisons de médicaments à l’époque qui est pointée du doigt. Depuis, des procédures de vérifications beaucoup plus strictes ont été instaurées à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Le procès se tient jusqu'au 5 octobre.