Mort au commissariat: sursis requis contre deux policiers

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Mort au commissariat: sursis requis contre deux policiers
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Une peine de prison avec sursis a été requise jeudi à Bobigny contre deux policières coupables d'avoir, selon l'accusation, commis par "routine" une série d'"erreurs de diagnostics" et "négligences" ayant causé la mort d'un toxicomane en 2006 au commissariat de Sevran, en Seine-Saint-Denis.

C'est le procès de la négligence qui s'est ouvert jeudi à Bobigny. Les agents renvoyés pour "homicide involontaire devant la 14e chambre correctionnelle, âgées de 31 et 35 ans, étaient respectivement officier de police judiciaire de permanence (OPJ) et chef de poste le 26 juillet 2006.

Ce jour-là, un toxicomane âgé de 31 ans, père d'un enfant, avait été transporté de son domicile au commissariat en état de démence. Il était mort deux heures après avoir été menotté et allongé sur le ventre dans un local de 4 m2 dédié aux personnes conduites au poste pour vérification d'identité. Parce qu'il se frappait la tête au sol, un policier lui avait mis un casque de moto sur la tête.

Selon les experts légistes, la victime est morte d'"asphyxie mécanique" causée par une combinaison de facteurs : sa position, l'absorption récente de cocaïne et morphine, la chaleur (32°C) et une fracture du larynx qu'il se serait faite en heurtant un montant de banc. La police avait trouvé chez lui stupéfiants et seringue.

Ce procès est celui "d'une forme de routine administrative, de la banalisation et de la déshumanisation", a estimé dans ses réquisitions le procureur Guillaume Saint-Cricq en rappelant que "toute personne appréhendée est placée sous la responsabilité et la protection de la police". Il a requis la prison avec sursis sans fixer de quantum. Le jugement a été mis en délibéré au 4 juin.