Montreuil : une usine jugée "toxique" par des riverains à l'arrêt après une liquidation judiciaire

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Montreuil : une usine jugée "toxique" par des riverains à l'arrêt après une liquidation judiciaire
Le site de Montreuil "est aujourd'hui à l'arrêt" et "les licenciements des salariés auront lieu dans les prochains jours", indique la préfecture. @ DAMIEN MEYER / AFP
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Sous le coup d'une procédure de sauvegarde depuis août dernier, la SNEM qui emploie 25 salariés entre Montreuil et l'Eure-et-Loir, a été placée en liquidation judiciaire mardi par le tribunal de commerce de Versailles.

Une usine de traitement chimique accusée par des riverains d'être "toxique" au cœur d'un quartier résidentiel de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, est "à l'arrêt" à la suite de la liquidation judiciaire de la société, a annoncé mercredi la préfecture de Seine-Saint-Denis.

Sous le coup d'une procédure de sauvegarde depuis le 3 août, la SNEM (Société nouvelle d'eugénisation des métaux), qui emploie 25 salariés entre Montreuil et Gellainville, en Eure-et-Loir, a été placée en liquidation judiciaire mardi par le tribunal de commerce de Versailles, indique la préfecture dans un communiqué, soulignant que "cette cessation d'activité résulte de considérations économiques".

Le site de Montreuil "est aujourd'hui à l'arrêt" et "les licenciements des salariés auront lieu dans les prochains jours", poursuit-elle. Une source au tribunal de commerce a précisé que la société avait jusqu'au 10 août pour fermer ses portes. Des habitants de cette proche banlieue parisienne réclamaient depuis un an la "fermeture immédiate et définitive" de cette usine spécialisée dans le traitement chimique de pièces aéronautiques pour les groupes Airbus et Safran. Ils la jugent "toxique" pour les écoles et les maisons qui l'entourent.

Une leucémie détectée chez un enfant en juin 2017. Leur mobilisation avait pris une nouvelle tournure après qu'une leucémie eut été diagnostiquée chez un enfant du quartier en juin 2017. Les accès à l'usine avaient été bloqués à plusieurs reprises, les riverains n'étant pas rassurés par les séries d'analyses conduites sous l'égide de la préfecture qui ont conclu à "l'absence de risque pour la santé des écoliers, des riverains et des salariés". En septembre, l'exploitant n'excluait pas un déménagement mais se disait miné par des difficultés financières, exacerbées par les blocages. "Laissez-nous travailler !", avait-il exhorté.

"L'avenir des employés doit être une priorité". Dans un communiqué, la mairie (PCF) de Montreuil souligne que "l'avenir personnel et professionnel des salariés de l'usine, qui se retrouvent dans une situation dont ils ne sont pas responsables, doit être une priorité". Elle demande "solennellement à l'État, (...) de travailler en faveur du reclassement de l'ensemble des salariés" ainsi qu'un "suivi médical sérieux pour chacun d'entre eux".



Le collectif d'opposants estimait quant à lui dès lundi que les groupes Airbus et Safran "ne peuvent pas se contenter d'abandonner la SNEM et son gérant, devenus gênants, sans assumer le coût de la cessation d'activités, le reclassement des salariés et la dépollution du site". Le site de Montreuil - une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) soumise à des obligations renforcées - a fait l'objet mardi d'un "état des lieux" et "ne présente pas de risque particulier", précise la préfecture.