Militaires agressés au Louvre : "C'est le mode d'action qu'on a vu se développer dernièrement"

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Didier François, spécialiste des questions de défense et de terrorisme d'Europe 1, est revenu sur l'agression dont a été victime une patrouille de l'opération Sentinelle, vendredi. 

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"Une tentative d'attaque à caractère terroriste". C'est ainsi que le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a décrit l'agression dont une patrouille de l'opération Sentinelle a été victime vendredi matin, près du Louvre. Un homme, armé d'au moins une machette, a menacé et agressé quatre militaires, dont un a riposté par cinq tirs. "C'est le mode d'action qu'on a vu se développer dernièrement", a commenté Didier François, spécialiste des questions de défense et de terrorisme, sur Europe 1. 

"Des radicalisés" isolés. "On n'est pas sur des attentats de type Paris, très organisés", explique Didier François. "Le commandement central de l'Etat islamique, aujourd'hui, est soumis à de fortes pressions militaires en Irak et en Syrie. Mais en revanche, on voit des radicalisés qui, à l'appel général de ces mouvements, peuvent attaquer", estime-t-il. "C'est un risque pris en compte par les services de renseignement. C'est aussi pour ça que ces patrouilles sont organisées, pour éviter ce genre de choses."

Un tireur de 21 ans. L'anticipation de ce risque a permis de renforcer la précision des patrouilles, selon Didier François. "C'était quand même quelque chose qui était compliqué, avec du monde autour", souligne-t-il. "Le tir a été extrêmement précis. Le jeune tireur a 21 ans, c'est un parachutiste avec deux ans de service, mais un vrai professionnel, puisqu'il a déjà fait une opération en Afrique", explique l'expert.

"La plus-value de l'opération Sentinelle". Didier François rappelle également qu'avant de tirer, les militaires ont tenté de maîtriser l'agresseur par des techniques de corps à corps. "On voit bien une maîtrise de la violence, une capacité à riposter dans un environnement particulièrement difficile, c'est aussi ça, aujourd'hui, la plus-value de l'opération Sentinelle", estime le spécialiste. "S'ils n'avaient pas été là, l'agresseur aurait pu s'en prendre librement à l'ensemble des passants."