Me Franck Berton sur Salah Abdeslam : "On est face à un mur"

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Salah Abdeslam est désormais seul avec son mutisme, ses avocats ayant renoncé à le défendre. Sur Europe 1 mercredi, Me Franck Berton a justifié sa décision.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

"Ça fait sept mois qu’on tente de l’assister mais on est face à un mur". Me Franck Berton et son homologue belge Me Sven Mary renoncent à être les avocats de Salah Abdeslam, seul membre encore vivant du commando terroriste du 13-Novembre. Sur Europe 1 mercredi matin, l'avocat lillois a expliqué son choix.

"Impossible d'exercer notre métier". "On ne va pas rester assis à côté de lui à le regarder se taire", justifie Me Franck Berton. "Il ne veut pas parler, c’est un droit qui lui appartient. Mais dans ces conditions, il nous est difficile, voire impossible, d’exercer notre métier". Les deux avocats avaient posé cette condition dès le départ : ils assuraient la défense de Salah Abdeslam s'il acceptait de parler. En raison de son mutisme persistant devant le juge, il ne sera donc plus représenté. "On a essayé de le convaincre parce qu’on est convaincus, nous-mêmes, qu’il a plein de choses à dire sur sa participation et les faits auxquels il n’a pas participé. À partir du moment où il fait l’économie de sa parole et des explications, on ne pourra pas avancer", estime-t-il.

Ses conditions de détention en cause. Selon l'avocat lillois, le silence de Salah Abdeslam est intimement lié à ses conditions de détention à la prison de Fleury-Mérogis. "Je le vois s’enfoncer depuis plusieurs semaines dans un mutisme, dans un isolement. Ses conditions de détention à Fleury-Mérogis sont catastrophiques. Il est surveillé 24h/24, il voit sa famille à travers une glace", décrit Me Franck Berton. "Je crois qu’il ne parlera pas parce qu’il considère que le traitement qui lui est réservé est dégradant et ne peut pas correspondre à une participation à l’instruction".