Mayel, 14 ans quitte la Jungle de Calais pour l’Angleterre : "un jour je jouerai à Manchester city"

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Mayel, 14 ans, fait partie des rares mineurs isolés de la "jungle de Calais" à avoir pu rejoindre sa famille en Angleterre. Il s'est confié à Europe 1 avant son départ.

REPORTAGE

Monter dans l'Eurostar est pour Mayel l'aboutissement de plusieurs mois de voyage depuis l'Afghanistan. Son périple a tourné au drame lorsqu'il a été séparé de sa famille durant la traversée entre la Turquie et la Grèce. Une famille qu'il n'a jamais retrouvée. 

"Aller à l'école et jouer au foot". "Ma famille, mon père, ma mère et ma soeur ont été portés disparu en mer. Alors aujourd'hui, il faut que je rejoigne mes deux oncles et mes cousins en Grande-Bretagne", raconte le garçon de 14 ans. Il espère beaucoup de cette "nouvelle vie". "Je veux aller en Angleterre pour aller à l'école et pour jouer au foot, j'adore le foot. Un jour, je jouerai en Angleterre, à Manchester city", sourit-il. 

Des démarches trop compliquées. En débarquant à Calais cet hiver, Mayel est resté un peu plus d'un mois seul dans la Jungle avant d'être repéré par une association et placé dans une famille d'accueil. Début mars, François Hollande et David Cameron s'étaient engagés à "accélérer et faciliter la réunification familiale pour les mineurs isolés" de Calais qui ont de la famille de l'autre côté de la Manche. Pour l'instant, moins d'une dizaine ont pu retrouver leur famille. Car pour rejoindre son oncle à Birmingham, Mayel a dû faire une demande d'asile et apporter la preuve qu'il avait bien de la famille outre-Manche.

300 mineurs encore dans la Jungle. Orsane Broisin, son avocate bénévole, est bien obligée de constater que toutes ces complications administratives découragent ces adolescents qui survivent dans la Jungle de Calais. "Il faut que ça aille plus vite, que les autorités françaises ou britanniques viennent sur le terrain, informent les personnes sur leurs droits, fassent des procédures plus efficaces", réclame l'avocate. Selon un dernier recensement des associations, 300 mineurs isolés vivent encore dans le camp de Calais. Le plus jeune n'a que huit ans.