Marseille : dans la cité du Clos La Rose, rien n'a changé

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Six ans après le règlement de comptes qui avait coûté la vie à un adolescent de 16 ans, Europe 1 est retourné dans la cité du Clos La Rose pour constater ce qui avait changé ou non, depuis le drame.

REPORTAGE

C'est un règlement de comptes qui avait marqué les esprits. Le 19 novembre 2010, un garçon de 16 ans était abattu d'une rafale de kalachnikov alors qu'il se trouvait devant un bâtiment de la cité du Clos La Rose avec des amis. Le procès des deux assassins présumés, deux frères, s'ouvre ce jeudi, devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence. Six ans après le drame, Europe 1 est retourné dans la cité du Clos La Rose pour savoir ce qui avait changé.

Habitants sous étroite surveillance. Fini les checkpoints. Désormais, les guetteurs ne sont plus là pour contrôler les entrées dans le quartier. Un changement récent, car le réseau ne s'est déplacé que quelques centaines de mètres plus loin. Mais il reste omniprésent malgré la présence de la police. Impossible, par exemple, d'interviewer la voisine de Jean-Michel, le garçon qui a perdu la vie en 2010. Elle lève les yeux au ciel pour indiquer qu'elle est surveillée depuis les étages.

Coup de peinture et club de foot. Fatima, habite le quartier depuis plus de 40 ans. Elle accepte d'évoquer au micro d'Europe 1 le procès qui s'ouvre ce jeudi et l'avenir de la cité : "On attend toujours une justice après un acte odieux ou criminel mais dans la vie au quotidien on en parle pas", avoue t-elle. "Si je vis avec une crainte, je ne sors plus", poursuit Fatima qui regrette qu'il n'y ait "rien pour les jeunes" et dénonce "une jeunesse perdue au Clos La Rose". Elle conclut : "Je ne trouve pas qu'il y ait quelque chose qui ait changé. C'est abandonné."

Un coup de peinture dans quelques appartements et un club de foot financé sur les fonds privés d'un ancien résident qui a "réussi à s'en sortir", c'est tout ce qui a vraiment changé, au Clos La Rose.