Mal-logement : "entre 500.000 et 600.000 logements indignes en France"

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La Fondation Abbé Pierre lance lundi une grande campagne contre le mal-logement en France, et pointe un mal peu visible.

INTERVIEW

"On attend quoi ?". C'est le slogan de la dernière campagne lancée par la fondation Abbé Pierre contre le mal-logement en France. 3,8 millions de personnes sont considérées en France comme des mal logées, et la Fondation continue, inlassablement, de se battre pour elles.

Suppression des allocations logement. La Fondation propose de rendre les logements insalubres inéligibles aux allocations logement. En clair : tant que le propriétaire ne fait pas de travaux, il ne pourra plus toucher les aides qui lui sont habituellement versées. Cette mesure est déjà appliquée dans le privé, mais les bailleurs publics ne sont pas concernés. Or, certains HLM sont dans un état déplorable.

Des situations "inacceptables". "On sait qu’il y a un peu près entre 500.000 et 600.000 logements indignes en France", relève Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, au micro d’Europe Midi. Il reconnait qu’il est difficile, aujourd'hui, de mesurer la part de logements publics dans ce chiffre. "Le logement social c’est plutôt protecteur, la qualité est là, mais il existe encore des poches à certains endroits où on est dans des situations de ce type, et ça n’est absolument pas acceptable".

Invisibilité du mal-logement. "[…] souvent on pense aux situations les plus dures, aux personnes qui sont à la rue, et c’est là qu’il y a urgence. Mais, au fond, le mal-logement c’est aussi les personnes qui peuvent être dans des logements dangereux, insalubres ou en situation de surpeuplement, qui vivent à 8 ou 10 dans 15m²", détaille Christophe Robert. "Souvent, il y a une invisibilité de ce mal-logement parce que l’on se dit : j’ai déjà un toit sur la tête, c’est convenable."



Une enjeu de société. "Dans un pays comme le nôtre, sixième puissance économique du monde, il y a vraiment un enjeu à rendre visibles les différentes formes de mal-logement", souligne le délégué régional. Il réclame "des actions offensives" face à des situations qui ont un impact important sur la scolarité des enfants et la santé des habitants. "Ça n’est pas tant une question d’enveloppe, de logement, mais de cohésion dans notre société et de perspective", conclut-il.