Mal-être des policiers : une nuit avec la BAC de Sarcelles

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Alors que des centaines de policiers dénoncent leurs conditions de travail dans toute la France, Europe 1 a passé une nuit avec la bac de Sarcelles.

REPORTAGE

Depuis le début de la semaine, plusieurs centaines de policiers manifestent pour dénoncer des conditions de travail difficiles et un manque de reconnaissance de leur travail. Alors pour mieux comprendre leurs revendications, Europe 1 a passé toute une nuit aux côtés de la Bac (Brigade anti-criminalité) de Sarcelles, dans le Val-d'Oise.

Un climat de méfiance permanent. Aux pieds des tours, deux équipages de la BAC effectuent un premier contrôle : un ado avec un iPhone volé. C'est le début de la nuit et tout est calme. Mais lors du deuxième contrôle à Garges-les-Gonesse, les choses se corsent. Des cailloux sont lancés depuis le toit de l'immeuble sur les policiers. "Ils commencent à nous caillasser donc on va bouger les véhicules pour éviter qu'ils soient cassés", explique l'un d'eux.

Un peu plus tard, l'équipage se rend à Villiers-Le Bel, théâtre des émeutes de 2007, un secteur toujours sensible. "Villiers-Le Bel, ça reste compliqué parfois, mais ça a beaucoup changé aussi. Après, on n'est pas à l'abri de se faire prendre à partie, de se faire caillasser...", explique Jérôme qui patrouille de nuit depuis 17 ans. Ou au pire de se faire prendre dans un guet-apens au cocktail Molotov, comme à Vénissieux mercredi.

Accueillis par des cocktails Molotov. C'est aussi ce qui est arrivé à Villiers-Le Bel à son collègue Brandon, deux ans plus tôt. Un assaillant lui a barré la route et tout s'est enchaîné très vite. "À ce moment-là, il y a une trentaine d'autres individus qui sont sortis des buissons et ont commencé à nous jeter des pierres pour casser les carreaux de la voiture. Puis sont venus les cocktails Molotov. La voiture a commencé à prendre feu quand on était encore dedans. On a réussi à s'extraire et il n'y a pas eu de blessés mais bon..." Et quand on lui parle de ce qu'il s'est passé dans l'Essonne, "ça ne me surprend pas", répond-il.

À 28 ans, ce policier reste marqué. Ses agresseurs ont écopé de trois ans de prison, mais pas le temps de s'attarder, sa radio crépite déjà : course-poursuite sur 10 km avec deux chauffards que le major Jérôme et ses collègues arrêtent en flagrant délit. Fin de la mission pour la Bac de Sarcelles qui n'a plus que 25 policiers contre 30 l'année précédente et pour laquelle aucun renfort n'est prévu pour l'instant.