Mai 68 : les 5 moments les plus forts à l’antenne d’"Europe Numéro 1"

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Mai 68 : les 5 moments les plus forts à l’antenne d’"Europe Numéro 1"
Parmi les images fortes de l'époque, ces scènes d'émeutes dans le Quartier latin, au milieu du mois de mai 1968.@ AFP
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ARCHIVES - Des reportages au milieu des étudiants blessés au coup de fil d’un patron retenu en otage, découvrez ou redécouvrez des extraits qui sont entrés dans l’Histoire.

ARCHIVES EUROPE 1

De l'assemblée générale du 22 mars 1968 aux "événements" du mois de mai, celle qu’on appelait à l’époque "Europe Numéro 1" a été au cœur de ce printemps pas comme les autres. A l’occasion du cinquantième anniversaire de Mai 68, nos documentalistes ont exhumé des heures et des heures d'archives entrées dans l’Histoire. Voici 5 moments à l'antenne de notre station parmi les plus marquants, les plus émouvants, les plus représentatifs du travail accompli, souvent en direct, par les journalistes d'Europe 1 à l'époque.

Daniel Cohn-Bendit : sa toute première interview. Le 22 mars 1968, 300 étudiants occupent la tour administrative de la faculté de Nanterre après l'arrestation d'étudiants militant contre la guerre au Vietnam. Parmi eux, un certain Daniel Cohn-Bendit. Quelques jours plus tard, il lance au micro d'Europe 1 : "Nous voulons que soit possible dans toute faculté l’expression politique à l’intérieur de ses murs !". Et le ton est déjà là…

Retenu en otage, ce patron appelle Europe 1 en direct. Le 19 mai 1968, M. Duvochel, directeur de Sud-Aviation de Nantes, appelle Europe 1 en direct : il est retenu en otage dans son usine depuis quatre jours et il veut interpeller les leaders syndicaux. En studio, Eugène Descamps, le secrétaire général de la CFDT lui répond vertement : "Si nous sortions le dossier de toutes les exactions du monde patronal à l’égard du monde des travailleurs, nous en aurions des tonnes !" Et le chef d’entreprise finit par raccrocher, sans demander son reste.

"J’ai cru qu’on frisait l’émeute". En ce 5 mai 1968, la police évacue la Sorbonne occupée par les étudiants après la fermeture de Nanterre. C’est l’heure des premières manifestations violentes avec premières barricades à partir du vendredi 3 mai au soir dans le Quartier latin qui se soldent par 600 interpellations. Les reporters d’Europe 1, tel Gilles Schneider, commencent à faire vivre en continu les événements aux auditeurs. "J’ai vu par exemple allongée sur un banc une jeune fille, le visage blême, qui avait reçu un coup sur la tête", raconte-t-il.

"Reculez, les étudiants chargent !". Le lendemain, 6 mai 1968, la crise étudiante prend de l’ampleur avec l’évacuation et la fermeture de la Sorbonne d’un côté, l’arrestation et la comparution d’étudiants de l’autre. On est boulevard Saint-Germain et les "manifestants ne reculent pas" ! Sur Europe 1, Fernand Choisel raconte.

"Radio Barricades" : la mise au point du patron d'Europe 1. La nuit du 10 au 11 mai 1968, c’est celle des barricades dans le Quartier latin, à Paris. Les affrontements entre les manifestants et les CRS font des centaines de blessés. C’est l’un des moments qui va valoir à Europe Numéro 1, avec ses reporters déployés sur le terrain et son émission en direct toute la nuit, son surnom de "Radio Barricades". Quelques jours plus tard, le directeur général de notre antenne, Maurice Siegel, prend la parole pour une mise au point : "Nous ne prenons pas le micro pour y déverser n’importe quoi. Ce n’est pas notre rôle. Nous sommes des gens censés, qui doivent savoir ce qu’ils disent quand ils prennent un instrument aussi difficile à manier que le micro. C’est ce que nous avons fait, c’est ce que nous continuerons de faire".


Pourquoi Mai 68 a commencé en mars ? De la première AG à Nanterre au bouillonnement d'avril, Thierry Geffrotin revient en vidéo sur les débuts du mouvement qui fête ses 50 ans.