"Ma détention est une petite vengeance" dénonce Coupat

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"Ma détention est une petite vengeance" dénonce Coupat
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Dans une interview au Monde, Julien Coupat, incarcéré depuis six mois dans le cadre de l'enquête sur des sabotages de lignes TGV, nie être l'auteur du livre "L'insurrection qui vient". Il impute la construction de cette affaire judiciaire à des menées politiques de la droite et tourne en dérision la police.

"Malheureusement, je ne suis pas l'auteur de L'insurrection qui vient". Dans une interview au Monde daté de mardi, Julien Coupat nie être l’auteur de ce livre versé au dossier d'instruction sur des sabotages de lignes TGV. Il reconnaît seulement la lecture et approuve les grandes lignes de cet ouvrage signé d'un "comité invisible".

Incarcéré depuis six mois dans le cadre de l'enquête sur des sabotages de lignes TGV à l'automne 2008, il a répondu par écrit et parfois avec dérision à des questions envoyées par le journal.

Le leader soupçonné du groupe de Tarnac décrit par les autorités comme "anarcho-autonome", réfute ce terme : "Il importe peu, finalement, qu'il ne se trouve personne en France pour se reconnaître anarcho-autonome ni que l'ultra-gauche soit un courant politique qui eut son heure de gloire dans les années 1920", explique-t-il.

Pour lui, le pouvoir français actuel, qu’il qualifie de "clique sarkozyste", lui fait un procès politique. "On nous suspecte comme tant d'autres, comme tant de jeunes, comme tant de bandes, de nous désolidariser d'un monde qui s'effondre." Il estime que la prolongation de sa détention "est une petite vengeance bien compréhensible au vu des moyens mobilisés et de la profondeur de l'échec".

Il décrit avec ironie les policiers qui l'ont arrêté avec ses camarades mi-novembre à Tarnac comme une "bande de jeunes cagoulés et armés jusqu'aux dents". "A ce jour, nos ravisseurs courent toujours. Certains faits divers récents attesteraient même qu'ils continuent de sévir en toute impunité", ajoute-t-il.

> Trois jeunes considérés comme des proches de Julien Coupat, arrêtés lundi dernier, ont été remis en liberté jeudi sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux.