Ouragan Irma : c'est comme "le monstre de vos pires cauchemars", témoigne notre envoyé spécial

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Notre envoyé spécial sur l’île de Saint-Martin, frappée de plein fouet par l’ouragan Irma, raconte les heures éprouvantes qu’il a passées, enfermé dans une maison.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

L’ouragan Irma, le plus puissant à déferler sur l’Atlantique, a frappé mercredi les îles françaises de Saint-Barthélémy et franco-néerlandaise de Saint-Martin. Alors que d’importants dégâts matériels ont déjà été signalés, peu d’informations ont filtré pour le moment, tant la situation sur place est rendue extrêmement difficile par la violence des vents. Notre envoyé spécial sur l’île de Saint-Martin a passé des heures éprouvantes, enfermé dans une maison. Il livre, sur Europe 1, un témoignage édifiant.

  • Pouvez-vous nous raconter ce que vous avez vu ?

"Je suis bloqué depuis des heures dans une maison qui a beaucoup souffert de la tempête. Il y a de forts vents, des rafales violentes, il n’y a pas d’eau. On sent que l’ouragan est sur la fin. Je suis sorti sur la terrasse, et devant moi c’est un paysage détruit. Il y avait une nature luxuriante et des arbres désormais totalement déracinés. Tout a été déchiqueté par les vents. J’ai une vue sur les maisons voisines, il y a de la fumée qui s’échappe. La mer au fond est encore totalement démontée. Seulement un voisin est sorti pour constater les dégâts.

La maison où je me trouve, dite anticyclonique, a extrêmement souffert. Il y avait une terrasse en bois, elle est à terre. Le toit en tôle a été arraché. Ce n’est cependant pas encore fini, car il y a encore du vent et des objets qui volent."

  • Vous étiez dans l’œil du cyclone ?

"C’était terrifiant. Quand les vents ont soufflé à leur intensité maximum, j’ai pu mesurer l’impact sur la maison. Les volets battent comme le monstre de vos pires cauchemars qui essaie de rentrer dans la pièce. Le bruit est infernal, dormir est impossible.

L’œil du cyclone, c’est un moment d’accalmie. Vers 6h du matin (vers midi heure française), il y a donc eu ce moment d’accalmie. Mais nous avions été prévenus : l’œil du cyclone est très dangereux, car quand on pense que c’est fini, les vents reviennent d’un seul coup. Et c’est ce qui s’est produit, et il a fallu se renfermer."

Une vidéo de notre envoyé spécial avant le passage de l’ouragan :

  • Il y a des bidonvilles à Saint-Martin, on peut donc être inquiets alors que vous étiez dans une maison solide ?

"Oui. La maison est très solide, avec des toits de tôle vissés par des boulons lourds. Il y a également des volets anticycloniques, mais deux d’entre eux n’ont pas résisté. J’imagine donc que des maisons en tôle ou en bois, comme j’en ai vu avant le cyclone, sont assurément à terre. Les pompiers et les secours s’attendent à que ces quartiers soient ravagés. Il fallait absolument évacuer ces quartiers, mais pourtant des gens sont restés. J’espère qu’ils sont partis."