Euro 2016 : à J-4, où en est la mobilisation contre la loi Travail ?

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Euro 2016 : à J-4, où en est la mobilisation contre la loi Travail ?
La SNCF entame son sixième jour de grève.@ MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
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SNCF, Air France, RATP, raffineries, etc. : les grèves seront encore nombreuses à partir de lundi pour protester contre la loi Travail.

L'ESSENTIEL

La mobilisation contre la loi travail est entrée dans une nouvelle semaine lundi. Alors que l'Euro de football débute vendredi à Paris, l'inquiétude monte sur les possibles perturbations que pourraient engendrer ces grèves durant la compétition. Dimanche, François Hollande a estimé que "personne ne comprendrait" que les grèves gênent les spectateurs. La semaine s'annonce néanmoins tendue avec la poursuite de la grève à la SNCF et la mobilisation à venir chez Air France, avant une nouvelle journée de mobilisation nationale mardi 14 juin.

Les informations à retenir :

  • Les difficultés concernent surtout la SNCF et la SNCF mais le trafic s'améliore.

  • D'autres mouvements sont déjà prévus pour le reste de la semaine.

  • Les appels à suspendre la grève en raison des inondations et de l'Euro peinent à convaincre.

  • Le point sur le trafic

A la SNCF. Pour la sixième journée consécutive, mais la 11ème depuis le début de l'année, les usagers ont dû s'armer de patience et/ou modifier leur itinéraire : si le trafic s'est amélioré légèrement côté TGV et TER (six trains sur dix en moyenne), il est resté fortement perturbé pour les Intercités (un sur trois) et les Transiliens (un sur deux), ces derniers étant touchés aussi par les crues. 

La situation devrait s'améliorer mardi, selon les prévisions de la SNCF : deux TGV sur trois, six TER sur dix, un Transilien sur deux et 4 Intercités sur dix.

Cette grève, à l'appel de la CGT-Cheminots et de SUD-Rail, sonne comme un rappel à l'ordre à quatre jours du début de l'Euro de foot. Lundi, direction de la SNCF et syndicats de cheminots doivent se retrouver pour une ultime séance de discussions sur l'organisation du temps de travail. Près d'un millier de cheminots ont manifesté bruyamment lundi sous les fenêtres du bâtiment où se tenaient les négociations. Chaque journée de grève coûte entre 15 et 20 millions d'euros à l'entreprise, a assuré la direction lundi. "Je souhaite que (le conflit social) soit réglé", a déclaré de son côté le président de la République.

A la RATP. Dans les transports parisiens, SUD a rejoint vendredi la grève illimitée à la RATP lancée par la CGT. Ce mouvement ne provoque pour l'instant que des perturbations limitées : les problèmes se sont concentrées sur le RER, tandis que le trafic est normal dans le métro.

RER B : 1 train sur 3 entre Gare du Nord et Aéroport Charles de Gaulle/ Mitry Claye, 4 trains sur 5 entre Gare du Nord et Saint Rémy Lès Chevreuse/Robinson
RER C : trafic interrompu entre Javel et Pontoise pour cause d'inondations. La portion Versailles Chantiers - Juvisy, via Massy Palaiseau, doit reprendre à partir de 16 heures.
RER D :  1 train sur 4 
RER E : 1 train sur 2
Tramway T4 : bus de substitution entre 6h et 16h, un tram toutes les 15 minutes entre 16h et 20h, puis aucun trafic au-delà.

La situation devrait rester compliquée mardi sur certaines lignes : le RER B et D (un train sur trois), le RER E (un train sur deux), ainsi que la ligne 4 du tramway (trafic identique à la journée de lundi).

Dans les aéroports. Le mouvement de grève engagé vendredi s'est arrêté lundi matin et n'a mobilisé que 6,5% des salariés selon la direction. Des difficultés sont cependant à redouter en fin de semaine, si les syndicats de pilotes de ligne chez Air France mettent leurs menaces à exécution.

A la pompe. Quatre des huit raffineries françaises sont encore bloquées et les terminaux pétroliers havrais ont reconduit lundi leur mouvement jusqu'à mercredi 17h. Mais les compagnies pétrolières n'hésitent pas à s'approvisionner dans les pays frontaliers, si bien que la situation est pratiquement revenue à la normale, hormis quelques difficultés dans les agglomérations de Nantes, Renne, Marseille et Paris.

  • Les grèves à venir

Le secteur de l'énergie mobilisé jeudi. Quant au secteur de l'énergie, les salariés sont appelés à une nouvelle journée de grève et d'"intervention sur l'outil de travail" jeudi. La semaine dernière, leur action s'était traduite notamment par une coupure d'électricité géante dans la région de Saint-Nazaire. A Marseille, la grève des dockers entraîne une longue attente pour les navires pétroliers qui sont obligés de patienter au large avant d'être déchargé.

Air France en grève pour le début de l'Euro. Les trois syndicats majoritaires appellent à une grève de quatre jours à partir du samedi 11 juin, au lendemain de l'ouverture de l'Euro 2016, et jusqu'au mardi 14 juin. De son côté, le SNPL indique dans un communiqué que "d’autres plages d’arrêts de travail suivront quelques jours plus tard si nécessaire". Pour éviter tout enlisement, comme lors de la grève de septembre 2014 qui avait paralysé la compagnie pendant près d'un mois, la direction a prévu de rencontrer les différents syndicats lundi et mardi.

La grève porte sur des revendications propres à l'entreprise et notamment la décision de la direction de solder le plan Transform 2015 qui prévoit une très légère baisse du salaire des pilotes. Déjà appliqué par toutes les autres catégories de personnel, ce plan de productivité prévoit une baisse de 2% du salaire des pilotes de la compagnie. Mais, les syndicats d'Air France protestent également contre le déséquilibre qui se creuserait entre Air France et son partenaire KLM sur le long-courrier. Pour le principal syndicat de pilotes, il est "inconcevable de poursuivre sur le chemin de la décroissance".

  • Appels à reprendre le travail contre message de fermeté des grévistes

L'imminence de l'Euro et les inondations : pour le gouvernement, le contexte devrait inciter les grévistes à arrêter leur mouvement ou, a minima, à le suspendre. "Je souhaite que (le conflit social) soit réglé", a déclaré le président de la République dimanche en évoquant les grèves à la SNCF ou à Air France, estimant que "personne ne comprendrait que les trains ou les avions (...) puissent empêcher le bon déroulement (...) du déplacement des spectateurs". Invitée sur Europe 1 lundi matin, la maire de Paris a tenu un discours similaire : Anne Hidalgo souhaite "qu'on puisse mettre entre parenthèses un certain nombre de conflits".

En face, les opposants à la Travail (CGT, FO, Solidaires, FSU) comptent au contraire jouer la montre pour forcer le gouvernement à revoir une nouvelle fois son texte. L'appel à une journée de mobilisation le 14 juin prochain est toujours maintenu. "Tant que la loi travail est sur la table, il faut continuer les mobilisations", a résumé lundi le secrétaire général du PCF, Pierre Laurent.