Loi Travail : salariés, étudiants et lycéens à nouveau dans la rue

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Loi Travail : salariés, étudiants et lycéens à nouveau dans la rue
A Rennes, lors de la manifestation de mardi.@ JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
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Les opposants à la loi Travail maintiennent la pression sur le gouvernement.

L'ESSENTIEL

Objectif des salariés, étudiants et lycéens qui défilent ce samedi : amplifier encore la mobilisation contre la loi Travail. Et ce, malgré les vacances scolaires. L'objectif n'a pourtant pas été atteint. Selon le ministère de l'Intérieur, 120.000 personnes ont pris part aux plus de 200 manifestations et rassemblements prévus partout en France. Le 31 mars, les autorités en avaient comptabilisés 390.000.

Les trois infos à retenir

  • Selon le ministère de l'Intérieur, 120.000 personnes se sont mobilisées en France

  • A Paris, les forces de l'ordre sont intervenues à la fin du cortège

  • Des heurts ont également éclaté à Rennes et à Nantes. Au total, 26 personnes ont été interpellées dans toute la France 

Mobilisation en baisse. Si les syndicats qui avaient appelé à battre le pavé ont martelé que leur détermination était "intacte", cette sixième journée de manifestation a moins rassemblé que les autres. Au total, 120.000 personnes sont descendues dans la rue, selon le ministère de l'Intérieur, contre 390.000 le 31 mars, selon la même source. Entre 8.000 et 20.000 personnes ont défilé à Toulouse, selon les sources, contre 20.000 à 100.000 il y a dix jours. A Lyon, Marseille, Nantes, Grenoble, Lille ou encore Rennes, les autorités n'ont décompté que quelques milliers de participants.

Défilé parisien. Selon le ministère de l'Intérieur, entre 18.000 et 20.000 personnes ont manifesté à Paris. Les syndicats, de leur côté, annonçaient 110.000 participants. Le cortège s'est élancé de la place de la République en direction de la place de la Nation, avec à sa tête les fers de lance de la mobilisation, dont Philippe Martinez (CGT), Jean-Claude Mailly (FO) et William Martinet (Unef). Le cofondateur du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, était également présent et a salué les manifestants sous les applaudissements.



Le cortège parisien a connu des tensions, notamment vers la place de la Nation. Les CRS ont chargé certains manifestants après avoir reçu des projectiles, pavés, pétards, bouteilles ou grilles, dans une atmosphère saturée de gaz lacrymogènes.



Trois policiers ont été blessés, dont l'un par tir de mortier, et neuf personnes interpellées. 

Des heurts à Rennes. Quelque 1.700 personnes, selon la préfecture, manifestaient samedi en milieu de journée à Rennes. Le défilé a été marqué par des heurts avec les forces de l'ordre qui empêchaient l'accès au centre historique. Elles ont fait usage à plusieurs reprises de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes contre des jeunes gens qui voulaient accéder à l'hypercentre de la ville, la place de la mairie et celle du Parlement de Bretagne. Selon la préfecture, deux CRS ont été blessés, dont un atteint de surdité. Un policier a aussi été touché par une bille métallique lancée contre lui. Les trois hommes ont été hospitalisés.



Les CRS ont aussi chargé "pour se dégager" quand ils ont été "pris à partie par des éléments extrêmement violents utilisant des fumigènes et des projectiles divers" contre eux, a indiqué la préfecture. De très nombreuses personnes étaient incommodées par les gaz, le cortège étant composé en grande majorité de salariés, de familles avec enfants, de retraités. Huit personnes ont été interpellées, et le préfet d'Ille-et-Vilaine a dénoncé la présence de "casseurs" parmi les manifestants.

De son côté, le secrétaire départemental de FO, Fabrice Lerestif, a fait état de près de 19 blessés, regrettant la "stratégie de tension manifeste" des autorités. Le syndicaliste a indiqué qu'il se réservait "le droit de porter plainte pour violences policières". Un photojournaliste a également été blessé et saignait abondamment au niveau du crâne.

Dégradations à Nantes. Dans la préfecture des Pays de la Loire, la mobilisation a rassemblé entre 2.600 personnes, selon la préfecture, et 15.000, selon la CGT. Les forces de l'ordre ont été à plusieurs reprises la cible de projectiles divers : pavés, cailloux, bouteilles et œufs. Elles ont répliqué en tirant des grenades lacrymogènes. Certains manifestants s'en sont également pris aux vitres d'une agence bancaire et au mobilier urbain, brûlant des poubelles et lançant des billes de peinture sur une agence immobilière. Six personnes ont été interpellées et plusieurs conduites au poste de police pour des vérifications d'identité.

Par ailleurs, plusieurs journalistes ont été pris à parti, poursuivis et caillassés par une trentaine de jeunes gens, vraisemblablement mineurs, qui tentaient visiblement de leur volter leur matériel.

Au total, 26 personnes ont été interpellées sur tout le territoire.