Loi El Khomri : l'extension de la garantie jeunes pourrait poser problème

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Loi El Khomri : l'extension de la garantie jeunes pourrait poser problème
Le gouvernement a annoncé l'extension de la garantie jeune.@ SEBASTIEN BOZON / AFP
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L'augmentation du nombre de jeunes suivis par chaque conseiller pourrait mettre en péril la qualité de l'accompagnement.

REPORTAGE

Au matin d'une nouvelle journée de mobilisation à l'appel des syndicats étudiants, le gouvernement scrute les messages envoyés par la rue. Pourtant, il estime avoir déjà fait le nécessaire pour les jeunes dans la nouvelle version de la loi El Khomri, présentée lundi, et qui prévoit notamment la généralisation de la garantie jeune. La mise en place à plus grande échelle de ce dispositif qui permet aux jeunes en grande précarité de recevoir 420 euros par mois en échange d'un accompagnement très personnalisé pourrait cependant poser problème.

50.000 jeunes actuellement suivis. Les missions locales, chargées d'assurer ce suivi, s'inquiètent des conditions de la généralisation prévues par le projet de loi. Les moyens et le nombre de conseillers ne seraient en effet pas suffisants alors que le dispositif qui concerne actuellement 50.000 jeunes coûte déjà 250 millions d'euros. "On est deux conseillers pour 100 jeunes et ce sont vraiment 100 jeunes avec des difficultés. Si le projet c'est plus de jeunes pour le même nombre de conseillers, ce ne sera pas possible", prévient Soussa, conseillère à la mission locale d'Essonne nord. Franck, directeur de la mission locale de Grigny, lui, "ne voit pas comment humainement ses référents, qui sont à 35 heures pour accompagner 50 jeunes dans l'année, vont pouvoir faire la même chose avec quatre fois plus de jeunes". "Sur le même temps et sur les mêmes résultats, c'est impossible", conclut Franck.

De très bons résultats. Pour les responsables des missions locales, une telle mesure remettrait par ailleurs en cause les bons résultats de cet accompagnement. "On n'est pas sur l'accompagnement classique d'une mission locale où le conseiller en fin de rendez-vous est obligé de dire 'on se voit dans un mois'. Là c'est 'à demain' tous les jours", salue Alice, accompagnée depuis six mois et qui a déjà trouvé un logement et une formation professionnelle. A Grigny, les autres jeunes sont également en bonne voie : sur les 10 jeunes sortis de la formation, la moitié ont déjà trouvé un emploi.