Logements sociaux : "Je pense que le Premier ministre se trompe de cible"

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Patrick Depyl, maire de La Wantzenau, l'une des communes désignées par Valls comme récalcitrantes à la construction de logements sociaux, estime que les objectifs imposés par la loi ne peuvent être atteints. 

Dans le cadre de la loi Égalité et citoyenneté, présentée en Conseil des ministres mercredi, Manuel Valls a annoncé la publication d'une liste pointant du doigt les maires qui ne construisent pas assez de logements sociaux. Dans leurs communes, l'Etat va reprendre la main via les préfets, qui pourront délivrer des permis de construire. Parmi ces villes récalcitrantes figure La Wantzenau, dans la banlieue de Strasbourg : 6.000 habitants et seulement 1,61% de logements sociaux - la loi impose la construction d'au moins 20% à 25% de HLM. Son maire, Patrick Depyl, a exprimé son incompréhension sur 'Europe 1, mercredi.  

"Je suis volontaire". "Je ne veux pas croire un instant que je suis sur cette liste", indique Patrick Depyl, maire de La Wantzenau depuis 2014. "Depuis deux ans, nous avons fait des efforts considérables pour construire des logements sociaux", assure-t-il, jurant qu'il ne se passe "pas une semaine" sans que son équipe ne travaille sur des projets de logements sociaux. "J'en ai besoin sur ma commune, pour retenir les jeunes, parce que le prix du foncier est un peu élevé. Je suis volontaire", ajoute le maire.

"La loi est irréaliste". Comment expliquer la présence de la commune sur cette liste ? "J'ai hérité d'une situation qui n'est pas très favorable", avance Patrick Depyl. "Et nous sommes une commune inondable, le plan de prévention des risques inondation nous empêche de construire à certains endroits." Pour le maire, qui promet de construire 340 logements aidés d'ici 2030, "la loi est irréaliste pour les communes qui partent de très bas : c'est impossible d'arriver à 25%."

Une commune stigmatisée. "Je pense que le Premier ministre se trompe de cible", juge Patrick Depyl, qui demande à rencontrer le délégué interministériel, Thierry Repentin. "C'est injuste de stigmatiser une commune qui fait des efforts. Si j'avais dit que je ne voulais pas de logements sociaux sur ma commune, je comprendrais que l'Etat prenne la main", assure le maire. "Mais je fais les efforts nécessaires, j'y mets des moyens, j'y passe beaucoup de temps."