Location de meublés : enquête sur les sites accusés de "concurrence déloyale"

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Location de meublés : enquête sur les sites accusés de "concurrence déloyale"
Les plateformes type Airbnb sont accusées de concurrence déloyale par les professionnels de l'immobilier.@ AFP
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800 professionnels de l'hôtellerie et de l'immobilier portent de nouveau plainte contre les plateformes de location meublée pour "pratique commerciale trompeuse".

Un juge a été désigné pour enquêter sur les plateformes de location meublée de type Airbnb à la suite d'une nouvelle plainte déposée par 800 professionnels français de l'hôtellerie et de l'immobilier, qui dénoncent "une concurrence déloyale", a appris l'AFP lundi de source judiciaire. Après une première plainte début 2016, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée, déclenchant le 16 mars l'ouverture d'une information judiciaire pour "pratique commerciale trompeuse", "exercice de l'activité d'agent immobilier sans carte professionnelle" et "exercice illégal de l'activité de prestataire de services de paiement", a précisé la source. Elle vise les pratiques des plateformes de location de meublés, telles que Airbnb ou Abritel/HomeAway.

Des "pratiques trompeuses". Les professionnels dénoncent une "violation" de la loi, notamment "dans la mesure où les plateformes ont un rôle d'intermédiaire entre loueurs et locataires sans pour autant détenir de carte professionnelle". Ils mettent aussi en avant les "pratiques commerciales trompeuses" des sites, qui, "pour attirer un maximum d'utilisateurs, adoptent une politique commerciale agressive". "Nous espérons que la France accueille 130 millions de visiteurs à horizon 2030, il est donc nécessaire d'avoir une offre d'hébergements développée et adéquate mais nous demandons une équité avec ces plateformes, pour une saine concurrence, avec la garantie de la transparence pour le consommateur", avait expliqué en janvier Jean-Bernard Falco, président fondateur de l'Ahtop, association regroupant 30.000 professionnels du secteur touristique, qui fait partie des plaignants.

Un manque à gagner pour les professionnels. Ces plateformes sont dans le collimateur de l'industrie du tourisme qui estime que le succès de ces sites, non soumis aux mêmes contraintes légales et fiscales, constitue un manque à gagner "de plusieurs centaines de millions d'euros", d'après l'avocat de l'Ahtop, Me Guillaume Navarro. "Un site comme Airbnb touche une commission sur les loyers versés, propose des assurances aux propriétaires en cas de dégradation de leur bien et offre des services supplémentaires comme des visites de lieux touristiques. Or, dans ces trois cas, elle n'a pas l'autorisation réglementaire pour le faire. Tout cela est illégal", a-t-il ajouté.