LGV Tours-Bordeaux : des filiales de Bouygues et Vinci assignées pour atteinte environnementale

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LGV Tours-Bordeaux : des filiales de Bouygues et Vinci assignées pour atteinte environnementale
France Nature Environnement a annoncé avoir assigné en réparation une filiale de Vinci et une autre de Bouygues Construction, pour atteintes à l'environnement.@ AFP
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En 2016, des procès-verbaux avaient relevé l'absence de dispositifs d'assainissement de l'eau, ou encore la pose défectueuse des moyens destinés à protéger poissons et batraciens.

France Nature Environnement a annoncé avoir assigné en réparation une filiale de Vinci et une autre de Bouygues Construction, chargées de construire la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux, pour atteintes à l'environnement. "En 2017, l'économie impose toujours sa loi sauvage à notre patrimoine naturel", déplore la première fédération de défense de la nature, qui dans un communiqué évoque les "casseroles environnementales" de cette LGV, mise en service dimanche.

FNE précise avoir assigné jeudi au civil, devant le TGI de Nanterre, les sociétés COSEA (groupement d'entreprises piloté par Vinci) et DTP (un de ses sous-traitants, filiale de Bouygues), pour "de nombreuses atteintes à l'environnement résultant de graves défauts de maîtrise lors du chantier". Le TGI a indiqué n'avoir pas encore trace de la procédure. L'assignation, introduite par FNE et la Société d'étude et protection de la Nature en Touraine (Sépant), porte notamment sur des rejets d'eaux sales dans des rivières en Indre-et-Loire. Les plaignants réclament la condamnation solidaire des deux sociétés et 50.000 euros de dommages et intérêts.

Une "différence entre le discours et la réalité". En septembre 2016, les responsables de COSEA et DTP avaient été condamnés par le tribunal de police de Tours à une série d'amendes pour "exécution de travaux nuisibles à l'eau ou au milieu aquatique", selon le jugement. Des PV avaient relevé l'absence de dispositifs d'assainissement de l'eau, ou encore la pose défectueuse des moyens destinés à protéger poissons et batraciens, pourtant requis par l'État. "Le caractère réitéré de la méconnaissance des prescriptions réglementaires, à quelques semaines d'intervalle, témoigne d'une absence de prise en compte réelle des enjeux environnementaux qu'implique la réalisation d'un tel chantier", ajoutait le jugement. Avec cette nouvelle assignation, FNE veut "que les élus voient qu'il y a une différence entre discours et réalité: ce chantier ne s'est pas passé aussi bien que le dit COSEA", dit Anne Roques, juriste de l'ONG.

Dénoncer le "greenwashing" qui entoure les travaux. Pour le président de FNE Michel Dubromel, "il faut dénoncer le greenwashing qui entoure les travaux de cette envergure". COSEA, qui ne confirme pas avoir été assigné, s'est étonné de "la disproportion des reproches", évoquant "l'exemplarité du projet". "La protection de l'environnement sur le chantier de la LGV a été et est toujours un sujet majeur", assure l'entreprise, ajoutant que plus de 200 personnes avaient travaillé sur ce sujet, que 1.000 bassins de rétention d'eau avaient été construits ainsi que 138 mares de compensation.

Enfin FNE s'alarme de retards dans la réalisation des mesures visant à compenser les atteintes non évitables, pourtant attendue au 1er juillet. COSEA indique qu'"elles sont bien avancées: au 15 juin, 2.252 ha ont été validés par l'État, 456 ha sont à l'instruction, 1.252 ha identifiés et en cours de finalisation". LISEA, le concessionnaire, s'est dit "pleinement engagé pour la réussite, durant toute la durée de la concession, des mesures de compensation".