L'évêque de Gap assigné au civil pour pédophilie présumée

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L'évêque de Gap assigné au civil pour pédophilie présumée
Monseigneur Di Falco avait déjà été accusé de pédophilie en 2001.@ GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Monseigneur Di Falco est accusé de viol et agression sexuelle par un ancien élève ayant déjà porté plainte au pénal, sans succès.

Monseigneur Jean-Michel Di Falco, évêque de Gap, est assigné au civil dans une affaire de pédophilie présumée, selon une information de franceinfo. Assignation portée par un dénommé "Marc", ancien élève du collège Saint-Thomas-d'Aquin (Paris) dans les années 70, alors que monseigneur Di Falco était directeur de l'établissement.

Une plainte au pénal en 2001. En 2001, ce même "Marc" avait déjà porté plainte contre l'évêque, ancien porte-parole médiatique de l'épiscopat, pour des faits de pédophilie remontant à la période 1972-75. "Marc" avait alors 12 à 15 ans et affirme avoir subi des agressions sexuelles et des viols de la part de monseigneur Di Falco. Mais la justice avait classé sa plainte, arguant que les faits étaient prescrits. "Marc" a ensuite épuisé tous les recours possibles au pénal, en vain. Il se tourne donc à présent vers le civil.

"Marc", aujourd'hui âgé de 56 ans, veut demander réparation pour préjudice subi, comme il l'a confié à franceinfo : "La tétanie. Dès qu’il y a de l’émotion, je me bloque, comme ce qui m’est arrivé en 1972 avec Di Falco. Ça m’est resté dans le corps. Je vois flou, je n’entends plus, il ne se passe plus rien, je ne peux pas travailler. Ce sont des séquelles que je continue à avoir depuis l’âge de 12 ans."

"Des faits infondés". En 2002, monseigneur Di Falco avait porté plainte pour dénonciation calomnieuse contre "Marc" et "Paul", un autre plaignant. Mais la justice avait débouté l'évêque deux ans plus tard. Contacté par franceinfo, l'avocat de monseigneur Di Falco réfute les nouvelles accusations : "La plainte qui avait été déposée en son temps avait été non seulement classée pour prescription, mais encore parce que les faits étaient totalement infondés [...]. Quel est le sens, plus de 40 ans après ce qu'il raconte avoir subi, plus de 14 ans après le classement de la plainte pénale, d'une assignation civile sans fondement ? [...] Jamais personne n'avait pu apporter un témoignage contraire à la rectitude morale et intellectuelle de cet homme".