L'évacuation du campement de Stalingrad a commencé tôt vendredi matin

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L'opération visant à évacuer les migrants regroupés sous le métro Stalingrad à Paris a démarré vendredi, peu avant 6h.

L'ESSENTIEL

Plus de 2.000 personnes, sur les quelque 3.000 migrants installés dans la rue, avaient déjà été évacuées vendredi matin de leur campement du nord-est de Paris, une opération menée dans la foulée du démantèlement de la "Jungle" de Calais et qui s'annonce record dans la capitale. L'opération pourrait être achevée en début d'après-midi.

Un important dispositif de policiers était déployé depuis 5h15. Une quinzaine de fourgons de CRS bloquent l’entrée des camps et plus de 600 policiers sont mobilisés, selon la Préfecture de Police. 

Dans des centres d'hébergement d'urgence. Plusieurs centaines d'hommes étaient regroupés peu avant 6h, leur sac à la main, quai de Jemmapes, dans une partie du camp abritant des Afghans. 88 bus devaient ensuite les emmener vers des centres d'hébergement d'urgence en Île-de-France, et non pas dans les CAO comme les migrants de Calais. Sur place, la ministre du Logement Emmanuelle Cosse a indiqué que l'évacuation concernait "entre 3.000 et 3.500 migrants". "On a les places pour héberger tout le monde (...) Ca se passe bien, il y a peu de familles", a-t-elle déclaré. La ville de Paris, qui doit ouvrir dans les prochains jours un "centre d'accueil humanitaire" pour migrants, a pris en charge 450 personnes vulnérables (mineurs, familles, femmes isolées), selon la maire Anne Hidalgo, également sur place.

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Crédit photo : Pierre Herbulot/Europe 1

Entre satisfaction et confusion. L'arrivée du premier bus vers 6h10 est saluée par des cris de joie. "Je n'ai aucune idée de où on va. À Paris, à côté… Ça me va. L'important pour moi c'est d'avoir des papiers. Ça fait un mois que j'étais ici dans une tente, c'est bien de partir", se réjouit Khalid, 28 ans. Abderrahmane, un Guinéen de 19 ans, est lui un peu inquiet : "On emmène les gens où ? À Paris ou en province ? À 15h j'ai un rendez vous à la préfecture". Un premier bus avec des migrants a quitté le campement vers 6h20.

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Crédit photo : Pierre Herbulot/Europe 1

Fin de l'opération en début d'après-midi. À 9h30, 42 des 80 bus prévus étaient partis, emmenant 2.011 personnes, selon la préfète de Paris Sophie Brocas. "Si tout se passe bien, on espère avoir terminé en début d'après-midi", a estimé le directeur de cabinet du préfet d’Île-de-France Patrick Vieillescazes. "Aujourd'hui a lieu la mise à l'abri et le démantèlement du campement le plus grand que nous ayons connu", a souligné la maire de Paris

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Crédit photo : Pierre Herbulot/Europe 1

Un campement qui se reconstitue à chaque fois. Cette opération, qui intervient dans la foulée du démantèlement du camp de migrants de la "jungle" de Calais, doit se dérouler en deux temps, d'abord quai de Jemmapes, puis avenue de Flandres où campaient le reste des migrants, notamment des Soudanais et des Érythréens. Ce campement avait déjà connu deux évacuations ces derniers mois, le 26 juillet (près de 2.500 mises à l'abri) et le 16 septembre (près de 2.100). Malgré les évacuations successives, le campement s'était reconstitué rapidement au cours des dernières semaines - jusqu'à compter plus de 3.000 personnes selon des sources proches du dossier - disséminées sur plusieurs centaines de mètres, sous le métro, près du canal Saint-Martin et surtout sur le terre plein de l'avenue de Flandres transformé en campement insalubre.