Lettres de menaces : le "corbeau" passe aux aveux

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Lettres de menaces : le "corbeau" passe aux aveux
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L'épouse de l'homme, également interpellée dimanche à Hérépian, a finalement été relâchée lundi en fin d'après-midi.

L'homme interpellé dimanche dans l'Hérault et soupçonné d'être l'auteur delettres de menaces adressées à des hommes politiques, a reconnu être "l'auteur de courriers", a révélé lundi une source proche de l'enquête. "Il dit avoir agi seul", a poursuivi la même source. Les courriers de menaces étaient signés d'une mystérieuse "cellule 34".

Son épouse a également été placée en garde à vue, lundi, avant d'être relâchée en fin d'après-midi et de regagner son domicile. Aucune charge n'a été retenue contre elle. Pour l'heure, la femme du "corbeau" refuse de s'exprimer.

Thierry J., 51 ans a été confondu en raison d'une concordance entre son ADN et l'ADN extrait des quatre premiers courriers de menaces. Il a été arrêté dimanche après-midi par la police judiciaire à son domicile, dans le village d'Hérépian, à 80 kilomètres de Montpellier, dans l'Hérault.

Tout a commencé jeudi dernier quand de nouveaux prélèvements ont été effectués sur des suspects appartenant au club de tir de Lamalou-les-Bains, village voisin d'Hérépian, dont le maire avait été le premier, en 2007, à recevoir une lettre de menaces accompagnée d'une balle.

Les résultats des prélèvements sont parvenus aux enquêteurs samedi soir, et leur ont permis de confondre l'un des membres de ce club de tir, un chômeur de 51 ans, handicapé, marié et père de trois enfants. Les policiers se sont présentés au domicile du suspect dimanche après-midi, et ont attendu qu'il sorte de chez lui pour l'interpeller en douceur.

Les perquisitions ont continué toute la soirée de dimanche. Deux armes de poing - déclarées -, le brouillon d'un courrier envoyé à un élu, et des enveloppes similaires à celles reçues par des destinataires des courriers menaçants ont été retrouvées chez l'homme interpellé, qui était inconnu des services de polices, et n'est pas, a priori, un activiste politique.

Le maire d'Hérépian a précisé que le suspect vivait "depuis quinze ans dans un logement social avec son épouse. C'est un homme fragile qui ne travaille pas. Nous sommes très surpris. Ses voisins le décrivent comme "très discret" et ajoutent que sa santé nécessite qu'il soit "dialysé".

Les précisions de Maxime Switek, envoyé spécial d'Europe 1 à Hérépian :



Six nouvelles lettres de menaces avaient été interceptées vendredi au centre de tri de Montpellier. Elles étaient notamment adressées au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand ou encore au sénateur-maire UMP de Béziers Raymond Couderc, plusieurs fois destinataires de ces courriers.

Une trentaine de lettres de menaces, pas toujours accompagnées d'une balle, ont été postées dans le Midi depuis fin 2008 par une mystérieuse "cellule 34" à des ministres ou personnalités politiques de droite. Outre Nicolas Sarkozy, le premier ministre François Fillon, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie tout comme Rachida Dati à qui elle a succédé, ou encore l'ancienne ministre de la Culture Christine Albanel avaient reçu une telle lettre. Certains médias avaient également été visés, dont Europe 1, qui avait reçu un courrier destiné à Jean-Pierre Elkabbach

Onze personnes, proches du mouvement associatif et engagées à gauche, avaient été interpellées début septembre à Saint-Pons-de-Thomières (Hérault), au nord de Béziers, et aux alentours, dans le cadre de l'enquête menée par le parquet anti-terroriste. Placées en garde à vue, elles avaient toutes été relâchées.

Europe1.fr avec Alain Acco et Maxime Switek