Les vacances de la Toussaint sont-elles des vacances comme les autres ?

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Les vacances de la Toussaint sont-elles des vacances comme les autres ?
@ AFP
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Pour des millions d'élèves et de salariés, les vacances de la Toussaint commencent mercredi. Faut-il les aborder comme les autres ?  

Les vacances de la Toussaint démarrent officiellement ce mercredi. Premières vacances de l'année scolaire, elles sont, aussi, l'occasion de déconnecter pour de nombreux salariés. Selon l'Insee, environ un salarié sur dix prend, en effet, une semaine de vacances à la Toussaint, ce qui en fait la deuxième période de congés après l'été et les fêtes de fin d'année. Mais faut-il aborder ces vacances de la même manière que les autres ? On a posé la question à Michel Lejoyeux, professeur de Psychologie à l'université Paris-Diderot et auteur de l'ouvrage Les quatre saisons de la bonne humeur (éditions Jean-Claude Lattès), à paraître le 16 novembre.

Faut-il aborder les différentes vacances de différentes manières ?

Il semble certain que toutes les vacances ne se valent pas. Mais je placerais la différence plutôt sur la durée des vacances que sur la saisonnalité. Les vacances de la Toussaint sont généralement des vacances plutôt courtes (deux semaines dans l'Education nationale, souvent moins pour les adultes). Or, la question à se poser lors des vacances est la suivante : comment en faire un moment de récupération sans être totalement perdu à la rentrée ? Pour les vacances courtes, il s'agit d'abord de garder un rythme de sommeil relativement proche de celui que l'on avait pendant notre période d'activité. Lors des vacances plus longues, notamment les vacances d'été, on peut se permettre de se lever à 11h ou midi au début. Mais l'important est de se 'resynchroniser' trois ou quatre jours avant la rentrée pour se remettre sur un rythme classique.

Au-delà de la question du sommeil, ce qui est intéressant pendant les vacances, c'est que l'on va pouvoir solliciter des qualités différentes par rapport aux périodes de non vacances. L'objectif, à mon sens, est de réinvestir le physique, de faire des activités, de ne pas rester devant internet et les réseaux sociaux. Autre  élément capital : la convivialité. Les sorties, les fêtes, les rencontres… Cela mobilise le cerveau et les émotions et cela libère de l'ocytocine, cela stimule les capacités intellectuelles. Et cela vaut aussi pour les enfants. Les parents ont le choix des rencontres de leurs enfants : enfants d'amis, grands-parents, centres aérés… Un enfant qui rencontrera de la convivialité pendant ses vacances sera plus à l'aise socialement au cours de sa vie.

En résumé, les deux ennemis des vacances sont la sédentarité et l'absence de mouvement. Or, plus les vacances sont courtes, plus il faut commencer tôt pour faire des activités et voir du monde. Pendant celles de la Toussaint, autant s'y mettre tout de suite pour bien en profiter ! Lorsque les vacances sont plus longues, on peut se prendre plus de temps pour rester tranquille chez soi, lire, aller sur internet, jouer aux jeux-vidéos etc.

Vous dites que la principale différence entre les vacances se joue sur la durée. Mais n'y a-t-il pas également différentes manière d'aborder les vacances selon les saisons ?

L'une des choses à regarder lorsqu'on s'intéresse aux bienfaits des vacances, c'est effectivement l'effet de la lumière. De nombreuses études montrent que l'on résiste mieux à l'hiver si l'on recharge bien ses batteries en lumière naturelle et en vitamine D. Alors, certes, c'est plus facile de le faire l'été, au Printemps, voire à la Toussaint dans certaines régions, qu'en décembre ou en février. Mais il ne faut pas non plus délaisser la lumière de l'hiver. Souvent, elle est oubliée. Mais il est aussi important de sortir en hiver. Il y a aussi de la lumière naturelle !

Quid des devoirs pour les enfants ?  

S'il doit y avoir une sollicitation des enfants par rapport à leur activité scolaire, elle doit se faire de manière différente que le reste de l'année. Les vacances – toutes les vacances - ne doivent pas être uniquement un moment de révision et de travail. Je suis inquiet de la pression scolaire que l'on met sur les jeunes. Les devoirs, les parents y penseront naturellement. Mais s'il ne faut pas délaisser les révisions, il faut beaucoup lever le pied, avoir une activité physique, libérer de la sérotonine (hormone qui se libère après une activité physique ou au contact de la lumière, et dont le manque peut entraîner agressivité et déprime ndlr). Détendons-nous un peu au sujet des devoirs.