Les syndicats de la fonction publique déçus et inquiets après le discours d'Édouard Philippe

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Les syndicats de la fonction publique déçus et inquiets après le discours d'Édouard Philippe
Le discours de politique générale prononcé mardi par Édouard Philippe faire craindre aux syndicats des "mesures régressives" pour le service public.@ AFP
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Le discours de politique générale prononcé mardi par Édouard Philippe fait craindre aux syndicats des "mesures régressives" pour le service public.

Plusieurs syndicats de la fonction publique ont exprimé mercredi leur déception après le discours de politique générale du Premier ministre qui leur fait craindre des "mesures régressives" pour le service public "garant de la cohésion sociale". "Suppression d'effectifs, hausse de la CSG, jour de carence, gel du point d'indice... On parle maintenant de 'stopper l'inflation de la masse salariale du secteur public', les intentions sont bien de préparer un arsenal de mesures régressives", a déploré Jean-Marc Canon (CGT, 1e syndicat).

Le service public, "tout sauf un handicap". "Le service public est tout sauf un handicap pour la France et je constate que dans les pays, notamment en Grande-Bretagne, où le service public a été démantelé, les conséquences sont terribles", a-t-il ajouté, réfutant "absolument" une expression utilisée mardi par Édouard Philippe: une "addiction à la française à la dépense publique" nécessitant de se "désintoxiquer". "Ce qui nous choque c'est qu'on considère systématiquement les agents publics comme une charge, jamais comme une force de travail qui met en oeuvre des politiques publiques et comme une richesse", a regretté Mylène Jacquot (CFDT, 2e).

"La dépense publique est loin de se réduire aux seules dépenses liées à la fonction publique", a-t-elle souligné, pointant notamment du doigt les "dépenses militaires", les "niches fiscales" et les "aides aux entreprises". "Si on peut rendre un service de qualité pour un coût moins élevé tant mieux, mais il faudra tenir compte de l'évolution des attentes des usagers et écouter les agents", a-t-elle ajouté.

Un "fonctionnaire bashing" ? "L'overdose pour les fonctionnaires !", titre FO (3e) dans un texte rageur annonçant que "le rapport de force est engagé". "Les Français seraient donc accros à la dépense publique (...) et il faudrait éradiquer la maladie !", poursuit le syndicat, qui dénonce le "fonctionnaire bashing", un "sport national" auquel s'adonne le Premier ministre, "à l'heure où le service public, garant de la cohésion sociale, est une nécessité permanente pour garantir l'égalité des droits".



Des dépenses qui "participent à la création de richesses". "La France n'est pas 'malade' de ses services publics !", écrit la FSU (5e et 1ère chez les enseignants) dans un communiqué en réclamant "un Grenelle de l'action publique". "Qu'il s'agisse d'Éducation, de santé, de transport, de logement... et de bien d'autres dépenses publiques, il s'agit là d'investissements qui participent à la création des richesses dans notre pays, à son rayonnement, et non dans un gaspillage qu'il conviendrait sans cesse de dénoncer", ajoute-t-elle.