Les séropositifs victimes de discriminations toujours "tenaces"

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Les séropositifs victimes de discriminations toujours "tenaces"
@ FLORIAN SCHUH / DPA / AFP
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Selon un rapport dévoilé jeudi, les discriminations à l'encontre des personnes touchées par le VIH sont "tenaces". 

Grandes écoles interdites, restrictions d'entrée dans de nombreux corps d'Etat, refus de soins, surprimes exorbitantes en cas d'emprunts : les discriminations à l'encontre des personnes touchées par le VIH sont "tenaces", dénonce Aides dans un rapport inédit dévoilé jeudi.

Des personnes "perçues comme des dangers". "Les personnes vivant avec le VIH sont perçues comme des dangers. La science a progressé, la société beaucoup moins", a résumé Aurélien Beaucamp, président de l'association de lutte contre le sida, lors de la présentation de ce rapport intitulé "VIH/Hépatites. La Face cachée des discriminations". "Réalisé à partir de situations individuelles dont nous avons été saisis (...), ce document n'est pas un rapport d'activité. C'est un panorama, souvent glaçant, de dysfonctionnements qui perdurent, de lacunes administratives, de failles juridiques, d'abus de pouvoir, de discriminations institutionnalisées dont le lit est bien cette façon, particulière et détestable, de considérer le VIH/sida comme une maladie 'à part'", écrit Aurélien Beaucamp dans ce document.

Lois et règlements "sérophobes" perdurent. Il observe que "ces inégalités sont encore alimentées aujourd'hui par les peurs, les représentations, les exigences insultantes de protection vis-à-vis des personnes séropositives". Malgré des avancées scientifiques qui ont bouleversé la vie des personnes infectées et augmenté considérablement leur espérance de vie, lois et règlements "sérophobes" perdurent. Aides a détaillé les dispositions administratives jugées contestables qui excluent de certaines professions des personnes vivant avec le VIH, ou restreignent leurs carrières.

Des exemples concrets de discrimination. L'association cite en particulier l'exemple de la restriction d'entrée à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) en application d'une ordonnance de 1958 (bien avant la découverte du virus en 1983). Celle-ci stipule que chaque candidat à l'ENM doit remplir les conditions d'aptitude physique nécessaires à l'exercice des fonctions de magistrat, et être reconnu indemne ou définitivement guéri de toute affection donnant droit à un congé de longue durée (CLD). 

Elle relève en outre le cas des écoles Polytechnique et Saint-Cyr, dont les critères médicaux d'aptitude aux carrières militaires excluent d'emblée les personnes séropositives sous traitement. Ce sont aussi 500.000 postes dans l'armée, la gendarmerie, la police et les sapeurs-pompiers qui sont interdits aux séropositifs, ces derniers étant considérés "inaptes au terrain", estime Aides.