"En situation de sur-sollicitation", les sapeurs-pompiers en appellent au gouvernement

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Alors que les sapeurs-pompiers luttent actuellement contre le feu dans le sud de la France, ils s'alarment de manière générale du manque de prise en compte de leur sécurité et de leur santé par les autorités.

INTERVIEW

19 secouristes ont été blessés depuis lundi en Corse et dans le sud-est de la France, alors qu'ils luttaient contre de violents incendies qui ont déjà ravagé plus de 3.000 hectares de forêts. André Goretti, président de la fédération autonome des sapeurs-pompiers professionnels, a dénoncé mardi midi sur Europe 1 le "manque de reconnaissance" que subissent les pompiers. Il doit être reçu au ministère de l'Intérieur pour tirer la sonnette d'alarme.

Santé et sécurité au cœur des préoccupations. "Nous sommes en situation de sur-sollicitation, de manque de reconnaissance. Sur des situations telles que nous connaissons aujourd'hui, il faut que les pompiers soient en capacité de s'exprimer sur l'exercice de leur métier", dénonce André Goretti. Ce dernier s'agace surtout de "l'absence de prise en compte de la santé et de la sécurité des sapeurs-pompiers". "Nous subissons, et c'est reconnu médicalement, les effets néfastes des fumées d'incendies", souligne-t-il. Ce professionnel constate, à son plus grand désarroi, que la qualité des tenues ou du matériel ne s'améliore pas. "Et je ne parlerai même pas de notre temps de travail. Ce que l'on attend d'un ministre, c'est qu'il se préoccupe de la santé et de la sécurité, et surtout de la sur-sollicitation que subissent les sapeurs-pompiers", insiste-t-il.

Entendu sur Europe 1
Nous ne voulons pas vivre ce qu'on vécu les travailleurs de l'amiante

"Il faut que le métier s'adapte". Pour André Goretti, si les citoyens ont pleinement conscience de l'investissement des pompiers et de leur valeur, gouvernement et employeurs ne se saisissent pas suffisamment du bien-être des pompiers. "Le métier, nous l'exerçons, et de la plus belle des façons. Mais à un moment donné, il faut que le gouvernement comme l'employeur nous entendent. Nous ne voulons pas vivre ce qu'on vécu les travailleurs de l'amiante. Il faut que le métier s'adapte. Et que les mesures de prévention, de suivi médical, soient soutenues pour que le métier puisse s'exercer dans de bonnes conditions", plaide André Goretti. "Il y a plein de cancers, qui sont aujourd'hui reconnus dans d'autres pays, liés aux effets néfastes des fumées. En France, on attend seulement que les choses se passent."